11/12/2012

L'Eau du Rocher et le Combat contre Amalek


 

 

REPHIDIM
L'EAU DU ROCHER ET LE COMBAT

Exode 17:1-16

 
Le peuple quitte le désert de Sin pour atteindre Horeb, nom dérivé du verbe hébreu "désoler", cette grande zone montagneuse où se trouve le Sinaï. Les voilà en un lieu auquel sera donné le nom de Rephidim, "Lieu de repos". Moïse le renomma Massa et Meriba, "Tentation et Conflits", associant ainsi le repos, l’arrêt dans la marche, à la tentation et aux confilts ! Le peuple s’était arrêté pour un repos qui n’est pas celui que Dieu procure, un repos marqué par le doute, car ils n’y trouvèrent pas d’eau, qui fut générateur de souffrances.
 
Le manque de confiance en l’Éternel conduisit à la contestation de Moïse et aux murmures. Et lorsque Moïse, dans la crainte d’être lynché, crie à l’Éternel, il reçoit ce signe remarquable lorsque, ayant frappé le rocher avec son bâton, l’eau en jaillit, "l’eau du rocher" !
 
Le peuple était allé fort loin dans l’expression du doute, allant jusqu’à clamer cette question "L’Éternel est-il vraiment au milieu de nous ?" Survint alors Amalek, expression manifeste du combat entre doute et confiance, entre incrédulité et foi. Nous comprenons ainsi le nom de Rephidim, changé par Moïse en Massa et Mériba. Le "peuple choisi" (Deutéronome 7:6) s’arrêtant dans sa course s’est rendu vulnérable, perdant la confiance en Dieu et s’engageant dans la contestation… Mais l’Éternel veille, et il se trouve parmi le peuple des combattants de la foi.


 
L'Eau du Rocher - 17:1-7

"Il n’y avait point d’eau". Une réelle épreuve assurément. Ce n’est autre que l’exercice d’une foi toute jeune ayant besoin de se fortifier. Mais la difficulté engendre la contestation, autrement dit l’affirmation que Moïse s’est trompé, ou plutôt qu’il les a trompés ! Après la contestation ce sont les murmures, et ensuite la révolte…

17  1 Toute la communauté des Israélites partit du désert de Sin, selon leurs traites, d'après le commandement de l'Éternel, et ils campèrent à Rephidim ; et il n'y avait point d'eau à boire pour le peuple. 2 Et le peuple contesta avec Moïse, et ils dirent : Donnez-nous de l'eau pour que nous buvions. Et Moïse leur dit : Pourquoi contestez-vous contre moi ? Pourquoi tentez-vous l'Éternel ? 3 Et là, le peuple eut soif d'eau ; et le peuple murmura contre Moïse, et dit : Pourquoi nous as-tu fait monter d'Égypte, pour nous faire mourir de soif, moi, et mes enfants, et mon bétail ? 4 Et Moïse cria à l'Éternel, disant : Que ferai-je à ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront. 5 Et l'Éternel dit à Moïse : passe devant le peuple et prends avec toi des anciens d'Israël ; et prends dans ta main ton bâton avec lequel tu as frappé le fleuve, et va. 6 Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d'Israël. 7 Et il appela le nom du lieu Massa et Meriba, à cause de la contestation des fils d'Israël, et parce qu'ils avaient tenté l'Éternel, en disant : L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?

Ils avaient été jusqu’à "tenter l’Eternel". Dans leur réclamation, nous pouvons comprendre qu’ils estimaient que si l’Éternel était avec eux, nulle difficulté ne devait survenir… Mais qu’en serait-il de la foi si elle devenait talisman, sans que la confiance ne doive se manifester ? Et si la superstition pervertissait la marche responsable de la foi ? Et ils mettaient Dieu en demeure de répondre à leur attente, un réel défi exprimé de manière fort violente. Et pourtant, ne faisaient-ils pas journellement l’expérience des soins de Dieu ? N’avaient-ils pas vécu Mara et ensuite Elim ? Ne jouissaient-ils pas de la Manne et du Shabbat ? Mais ils se sont laissé aller à un repos bien différent de la paix du Shabbat…
 
Moïse est ici en difficulté ! Il craint même se faire lapider….. Il "crie à l’Éternel". C’est ici sa seule ressource, mais la réponse est impressionnante. A Mara, Dieu montra à Moïse un bois, celui qui rendit saine les eaux ; ici, en Horeb, il va user de son bâton, comme il le fit lorsqu’il frappa le Nil et le pays d’Egypte (Exode 7:20, 9:23, 10:13), et encore quand il le brandit sur le rivage de la Mer des Joncs, laquelle s’ouvrit en une voie inattendue pour la sortie d’Egypte (Exode 14:16). Et maintenant, à Rephidim, l’eau sort du rocher… La grâce une fois encore manifestée.
 
Alors que le peuple s’était arrêté, et que ce repos n’avait été que les prémices de murmures, jusqu’à la provocation, "Tentation et Conflits", l’eau s’écoule du rocher dès qu’il fut touché par le bâton de Moïse ; un don de Celui qui est "la source des eaux vives" (Jérémie 2:13), telle celle que nous voyons "sortant de dessous le seuil de la maison" dans la vision du temple (Ezéchiel 47:1-12) ou encore "le fleuve d'eau vive… sortant du trône de Dieu et de l'Agneau" s’écoulant au cœur de la Jérusalem céleste (Apocalypse 22:1).
 
Que s’est-il passé ? Que signifie ce doute : "L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" Que penser d’une telle scène ? Pourrions-nous penser que ce n’est que là, dans le désert, que la foi ait si vite succombé ?
 
Alors vient un récit qui illustre la nature du combat, car vivre de foi est un réel combat dans ce monde ! Si l’Éternel n’était intervenu, le repos de Rephidim eût pu mener à une grande défaite… "Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, un peu croiser les mains pour dormir..., et ta pauvreté viendra comme un voyageur, et ton dénuement comme un homme armé." (Proverbes 6:9-11).


 
Le combat contre Amalek - 17:8-16

Revenons encore à cette contestation : parmi ce peuple délivré de l’asservissement en Egypte, goûtant journellement la Manne, se sont élevées des voix provocantes pour clamer : "L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" Alors surgit une bande armée. Amalek, ce peuple pillard du midi de la Terre d’Israël (Nombres 13:30, Juges 6:3, 1 Samuel 15:7, 27:8), tomba sur ceux qui traînaient à l’arrière "lorsque tu étais las et harassé, et ne craignit pas Dieu" (Deutéronome 25:18). A Rephidim, là où d’aucuns étaient déjà lassés et pensaient à s’arrêter dans la marche de la foi, là guettait le danger.

8 A Rephidim, Amalek s’en vint faire la guerre contre Israël.

Un récit pour ainsi dire intemporel. L’argument du surgissement de ces pillards est manifestement le fait des murmures et de la contestation à l’encontre de Moïse, et particulièrement cette parole audacieuse marquant le doute quant à la réalité de la présence de l’Éternel avec eux.
 
Moïse envoie Josué, "qui le servait" (Exode 24:13), pour qu’il se choisisse des hommes et les mène au combat. Cet homme qui s’appelait Osée, "Salut", est nommé Josué, "L’Eternel sauve" (Nombres 13:17), un signe dans ce combat mené contre Amalek. Quant à Moïse, il monte sur la montagne, le "bâton de Dieu" à la main, accompagné d’Aaron et de Hur, homme sage de la tribu de Juda (Exode 24:14), aïeul de Bethsaleël, l’homme qui construira le Tabernacle (Exode 31:2, 1 Chroniques 2:18).
 
Pour le prophète, son propre bâton, avec lequel tant de prodiges se sont manifestés, est le "bâton de Dieu". Et sur la montagne, il lève la main, portant le bâton. Ainsi le bâton est bien visible, réel "étendard" donnant courage et force aux combattants, ranimant la foi de ces hommes qui assuraient par leur combat la protection du peuple tout entier, à commencer par ceux qui trainaient à l’arrière…

9 Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, et sors, combats contre Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu dans ma main. 10 Josué fit comme Moïse lui avait dit pour combattre Amalek, tandis que Moïse, Aaron, et Hur montèrent au sommet de la colline. 11 Et il arrivait, lorsque Moïse élevait sa main, qu'Israël avait le dessus ; et quand il reposait sa main, Amalek avait le dessus.
 
12 Mais les mains de Moïse étaient pesantes ; et ils prirent une pierre, et la mirent sous lui, et il s'assit dessus ; et Aaron et Hur soutenaient ses mains, l'un deçà, et l'autre delà ; et ses mains furent fermes jusqu'au coucher du soleil. 13 Et Josué abattit Amalek et son peuple au tranchant de l'épée.

Par leur foi, les combattants ont secouru les plus faibles en foi, étant soutenus eux-mêmes lorsque leur regard était porté sur le "bâton de Dieu" dans la main de Moïse, l’étendard de la foi (Esaïe 13:2). Une réelle consolation pour ceux qui s’étaient laissé surprendre et conduits dans le doute et les murmures. Un symbole retenu par la foi, comme nous lisons cette parole : "Même quand je marcherais par la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal ; car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton, ce sont eux qui me consolent" (Psaume 23:4). Et encore : "Tu as donné une bannière à ceux qui te craignent, pour la déployer à cause de la vérité, afin que tes bien-aimés soient délivrés" (Psaume 60:4-5).

14 Et l'Éternel dit à Moïse : Écris ceci pour mémorial dans le livre, et fais-le entendre à Josué, que j'effacerai entièrement la mémoire d'Amalek de dessous les cieux. 15 Et Moïse bâtit un autel, et appela son nom : YHWH-Nissi ("L'Eternel est mon étendard") ; 16 et il dit : Parce que Jah a juré, l'Éternel aura la guerre contre Amalek de génération en génération.

"De génération en génération." Car chaque génération devra apprendre le combat, choisir sa route : soit la confiance, la foi, soit l’ignorance de la voie de Dieu, la méconnaissance de ce qui "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). De façon répétée tout au long de l’histoire d’Israël, Amalek paraîtra comme l’ennemi face à ceux en qui la confiance en l’Éternel s’émousse ; et de représenter ainsi le danger qui guette celui qui se laisse détourner de la foi (Nombres 24:17-20, Deutéronome 25:17-19). Nous aurons compris que le combat contre Amalek n’est autre que le combat intérieur entre le doute et la foi. Un combat à mener jusqu'à bout (Hébreux 3:6,14, 6:11, 12:1). Mais ce combat prendra fin, comme Paul l’écrit pour lui-même : "j'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi…" (2 Timothée 4:7). C’est aujourd’hui que le combat se mène…
 
La puissance pour ce combat se trouve dans la confiance, elle appartient à celui qui regarde au "bâton de Dieu", celui qui discerne l’étendard déployé sur la montagne. Les combattants ont bu l’eau du rocher, ils sont confiants dans la grâce de Dieu ; ils regardent à l’étendard, la bannière, le signe de sa puissance.
 
Les sages en Israël ne pourront oublier la leçon : "N'endurcissez pas votre cœur comme à Meriba, comme au jour de Massa, dans le désert, Où vos pères m'ont tenté, éprouvé, et ont vu mes œuvres." (Psaume 95:8-9, lire aussi 78:15-16, 105:41, 114:8). Un secours pour la foi qui fut repris par le prophète lorsqu’il exhortait les Israélites en exil à remonter à Jérusalem et y rebâtir le Temple : "Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens, avec une voix de chant de joie ! Déclarez et faites entendre ceci, portez-le jusqu'au bout de la terre ; dites : L'Éternel a racheté son serviteur Jacob ! Et ils n'ont pas eu soif, quand il les fit marcher dans les déserts ; du rocher il a fait jaillir pour eux les eaux ; il a fendu le rocher, et les eaux ont coulé." (Ésaïe 48:20-21).
 
Les sages parmi les Israélites ont reçu la leçon spirituelle de ce récit, et Paul élevé dans cette sagesse la transmet en ces mots : "ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle, ils ont tous bu le même breuvage spirituel ; ils buvaient en effet à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher c’était le Christ. (1 Corinthiens 10:3-4).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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19:59 Publié dans Expériences du désert | Eric

10/12/2012

La Manne et le Shabbat


 

 

LA MANNE ET LE SHABBAT
Exode 16:1-36

 
L’Egypte, c’était le servage, mais aussi les réserves alimentaires et le pain à satiété, aussi le regard est-il bien vite porté sur ce passé révolu, ce lieu dont ils s’étaient coupés définitivement en quittant les champs et les prés si fertiles du delta du Nil… Les corvées toujours plus sévères, mais aussi la sécurité alimentaire pour le peuple, une réalité rassurante pour les familles. Les ressources ne manquaient pas alors, tandis que le désert ne permet qu’à peine une subsistance journalière, et encore…

16  1 Et ils partirent d'Élim, toute l'assemblée des fils d'Israël, et vinrent au désert de Sin, qui est entre Élim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d'Égypte. 2 Et toute l'assemblée des fils d'Israël murmura contre Moïse et contre Aaron, dans le désert. 3 Et les fils d'Israël leur dirent : Ah, que ne sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le pays d'Égypte, quand nous étions assis auprès des pots de chair, quand nous mangions du pain à satiété ! Car vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette congrégation.

L’angoisse des familles d’Israël est bien compréhensible, car rares sont les personnes qui pourraient manifester une foi sans faille. Et les Israélites vont apprendre qu’une réponse à leur attente était prête, ou plus exactement que ce temps d’incertitude était là pour qu’ils saisissent l’enseignement de Dieu, qu’ils réalisent la grandeur de la bonté de Dieu. Ceci pour que nous comprenions aussi que la Manne n’est pas une récompense à la foi, mais un don de Dieu répondant aux nécessités de tout homme. "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance" (Romains 15:4).


 
Annonce de la Manne - 16:4-10

Avant que vienne la Manne, les Israélites doivent entendre la parole de l’Eternel. Une annonce à laquelle ils ont à être attentifs.

4 Et l'Éternel dit à Moïse : Voici, je vais vous faire pleuvoir des cieux du pain, et le peuple sortira, et en recueillera chaque jour la portion d'un jour, afin que je l'éprouve, pour voir s'il marchera dans ma loi, ou non. 5 Et il arrivera que, le sixième jour, ils prépareront ce qu'ils auront rapporté, et ce sera le double de ce qu'ils recueilleront chaque jour. 6 Et Moïse et Aaron dirent à tous les fils d'Israël : Au soir vous saurez que l'Éternel vous a fait sortir du pays d'Égypte ; 7 et, au matin, vous verrez la gloire de l'Éternel, parce qu'il a entendu vos murmures contre l'Éternel ; car que sommes-nous, que vous murmuriez contre nous ? 8 Et Moïse dit : Ce sera en ce que l'Éternel vous donnera le soir de la chair à manger, et au matin du pain à satiété ; parce que l'Éternel a entendu vos murmures que vous avez proférés contre lui ; car que sommes-nous ? Vos murmures ne sont pas contre nous, mais contre l'Éternel. 9 Et Moïse dit à Aaron : Dis à toute l'assemblée des fils d'Israël : Approchez-vous devant l'Éternel ; car il a entendu vos murmures. 10 Et il arriva, comme Aaron parlait à toute l'assemblée des fils d'Israël, qu'ils se tournèrent vers le désert ; et voici, la gloire de l'Éternel parut dans la nuée.

Les Israélites vont-ils tous recevoir cette parole, et être disposés à s’y conformer, recueillant pour chaque jour ce qui répondait à leur besoin, dans la confiance qu’ils n’avaient pas à faire des réserves ? La question est posée, mais non sans que la parole prononcée soit ponctuée par une manifestation de gloire afin que la parole soit reçue en vérité.


 
Le don de la Manne - 16:11-21

"J’ai entendu les murmures !" Pouvait-il en être autrement ? Mais l’Éternel porte sur les hommes un regard porteur de grâce. Ce peuple d’éleveurs (Genèse 47:3-6) regardait encore aux "pots de chair" de l’Egypte, mais ils verront que rien n’est impossible à l’Éternel. Au soir, ils mangent les cailles poussées en masse au lieu de leur campement, nouvelle occasion d’apprendre la puissance de Dieu. Mais cet appentissage est bien difficile, car nous lisons qu’un bon mois plus tard, après avoir reçu la loi et scellé l’alliance, un mouvement de rébellion se manifestera, et ce sera là une tout autre situation, et une autre conclusion (Nombres 11:30-34) ; ce malheur vint de personnes qui accompagnèrent les fidèles sans partager leur foi (Exode 11:4, voir aussi 12:38)

11 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 12 J'ai entendu les murmures des fils d'Israël. Parle-leur, disant : Entre les deux soirs vous mangerez de la chair, et au matin vous serez rassasiés de pain ; et vous saurez que je suis l'Éternel, votre Dieu. 13 Et il arriva, le soir, que des cailles montèrent et couvrirent le camp ; et, au matin, il y eut une couche de rosée autour du camp ; 14 et la couche de rosée se leva, et voici sur la surface du désert quelque chose de menu, de grenu, quelque chose de menu comme la gelée blanche sur la terre. 15 Et les fils d'Israël le virent, et se dirent l'un à l'autre : Qu'est-ce que cela ? Car ils ne savaient ce que c'était. Et Moïse leur dit : C'est le pain que l'Éternel vous a donné à manger. 16 Voici la parole que l'Éternel a commandée : Recueillez-en, chacun en proportion de ce qu'il peut manger, un omer par tête, selon le nombre de vos personnes ; vous en prendrez chacun pour ceux qui sont dans sa tente. 17 Et les fils d'Israël firent ainsi, et ils recueillirent, l'un beaucoup, l'autre peu. 18 Et ils mesurèrent à l'omer : et celui qui avait beaucoup, n'eut pas trop ; et celui qui avait peu, n'en manqua pas ; ils avaient recueilli, chacun en proportion de ce qu'il mangeait.

Lors de ces premiers pas dans le désert, le peuple apprend qui est l’Éternel qui les a sauvés de l’Egypte. Et au matin survient ce prodige de la Manne qui paraît sur la terre lorsque la rosée se dissipe. La Manne "comme la graine de coriandre… semblable à du bdellium", et traitée comme le blé, "ils la broyaient sous la meule ou la pilaient dans le mortier ; et ils la cuisaient dans des pots, et en faisaient des gâteaux…" (Nombres 11:7-8).

19 Et Moïse leur dit : Que personne n'en laisse de reste jusqu'au matin. 20 Mais ils n'écoutèrent pas Moïse, et quelques-uns d'entre eux en laissèrent de reste jusqu'au matin ; et il s'y engendra des vers, et cela puait : et Moïse se mit en colère contre eux. 21 Et ils en recueillaient chaque matin, chacun en proportion de ce qu'il mangeait ; et à la chaleur du soleil cela fondait.

Un don de l’Éternel ! Pouvaient-ils penser que le Seigneur puisse se rétracter de manière telle que le lendemain il n’y eût plus de Manne ? Une telle disposition marquerait un manque de confiance en Dieu, un manque de foi ! Et c’est bien cela l’enseignement : apprendre ce que c’est que "marcher par la foi" (2 Corinthiens 5:7).


 
Le don du Shabbat - 16:22-31

Avec la Manne vient l’expérience pratique du Shabbat, le repos avec Dieu. Peu de jours après la sortie d’Égypte, le lieu de servitude, le lieu du « non-repos », Dieu donne à Israël la conscience du repos dans lequel Il veut introduire les hommes, et ainsi, leur donnant chaque matin une provision journalière, il apporte chaque sixième jour de la semaine une double part, afin qu’au septième jour ils puissent jouir du repos.

22 Et il arriva que, le sixième jour, ils recueillirent du pain au double, deux omers pour chacun ; et tous les principaux de l'assemblée vinrent et le rapportèrent à Moïse. 23 Et il leur dit : C'est ici ce que l'Éternel a dit : Demain est le repos, le Shabbat consacré à l'Éternel ; faites cuire ce que vous avez à cuire, et faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et tout le surplus serrez-le pour vous, pour le garder jusqu'au matin. 24 Et ils le serrèrent jusqu'au matin, comme Moïse l'avait commandé ; et cela ne pua point, et il n'y eut point de vers dedans. 25 Et Moïse dit : Mangez-le aujourd'hui, car aujourd'hui est le Shabbat consacré à l'Éternel ; aujourd'hui vous n'en trouverez point aux champs. 26 Six jours vous en recueillerez, mais au septième jour est le Shabbat ; il n'y en aura point en ce jour-là. 27 Et il arriva, le septième jour, que quelques-uns du peuple sortirent pour en recueillir, et ils n'en trouvèrent point. 28 Et l'Éternel dit à Moïse : Jusques à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois ?

Nous voyons ici la difficulté de croire et, en particulier, de s’en remettre avec confiance à la parole de Dieu ; nous lisons ici la patience de la grâce, et alors la vue s’éclaire et le cœur se réjouit en Dieu… Tout est don dans le Shabbat et la Manne. Et il est donné ici non à un peuple élu sur quelques critères, mais choisi (Deutéronome 7:7, 10:15) pour être témoin de Dieu, comme il sera rappelé lors de l’exil à Babylone (Esaïe 43:10), une mission difficile, exigeante. Nous lisons ici des pages de pédagogie, la formation des témoins, l’apprentissage de la vie de la foi.

29 Voyez que l'Éternel vous a donné le Shabbat ; c'est pourquoi il vous donne au sixième jour du pain pour deux jours. Que chacun reste chez lui ; que personne ne sorte du lieu où il est, le septième jour. 30 Et le peuple se reposa le septième jour.

Un don de Dieu, un geste de sa grâce… Et de cette grâce, les Israélites devront se souvenir, en conserver le mémorial. Ainsi, quelques semaines plus tard, le Shabbat sera écrit dans la Loi, la quatrième parole du Décalogue (Exode 20:8-11). Le peuple, témoin de Dieu, y est naturellement conduit à exprimer sa reconnaissance car ils ont appris que le Seigneur veille sur eux et qu’ils peuvent vivre dans la confiance en Lui. Mais aussi, le repos annonce l’avenir de paix préparé pour les hommes ; il y a un repos de Dieu, une fin au travail de Dieu, lorsque l’homme sera convié à jouir de ce repos (Matthieu 11:28, Sophonie 3:17) ; nous l’apprenons par ce peuple témoin, serviteur de Dieu, appelé à l’anticiper de semaine en semaine.


 
La Manne - 16:31-36

Sortis d’Egypte, les Israélites ne pouvaient connaître cette nourriture étrange. D’aucuns évoquent à propos de la Manne une concrétion qui apparait sur des feuilles d’arbustes dans le désert, mais il s’agit là d’une gomme et non d’un grain que l’on peut moudre ou piller (Nombres 11:8) ; et de plus nous ne pouvons pas envisager l’apparition naturelle de la quantité requise pour tout un peuple. Le récit nous place devant un acte miraculeux pour qu’il nous serve d’instruction. "Qu’est-ce cela ?", en hébreu "Man hou ?", dirent les Israélites, et cette question a donné son appellation "Manne".

31 Et la maison d'Israël appela le nom de cela Manne. Et elle était comme de la semence de coriandre, blanche, et avait le goût d'un gâteau au miel.

Une petite graine aromatique, dont le goût évoque le miel, et qui, préparée, permettait la confection de pain à la saveur de gâteaux à l’huile (Nombres 11:7-8). Du miel, comme la parole de Dieu donné au prophète Ezéchiel : "Et il me dit : Fils d'homme, mange ce que tu trouves ; mange ce rouleau, et va, parle à la maison d'Israël. Et j'ouvris ma bouche, et il me donna à manger ce rouleau. Et il me dit : Fils d'homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. Et je le mangeai, et il fut dans ma bouche doux comme du miel." (Ézéchiel 3:1-3, voir aussi Apocalypse 10:9-10). Nous pouvons penser que cette allégorie touchant le miel était dans la pensée des Israélites bien avant le prophète, induisant à l’esprit le sens spirituel de la Manne du désert.
 
La Manne est un tel emblème des soins prodigués par l’Éternel que le souvenir doit en être gardé fidèlement pour les générations à venir.

32 Et Moïse dit : Voici la parole que l'Éternel a commandée : Qu'on en remplisse un omer pour le garder pour vos générations, afin qu'elles voient le pain que je vous ai fait manger dans le désert, lorsque je vous ai fait sortir du pays d'Égypte. 33 Et Moïse dit à Aaron : Prends une cruche, et mets-y plein un omer de Manne, et pose-la devant l'Éternel, pour la garder pour vos générations. 34 Comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse, Aaron la posa devant le témoignage pour être gardée. 35 Et les fils d'Israël mangèrent la Manne quarante ans, jusqu'à ce qu'ils entrèrent dans un pays habité ; ils mangèrent la Manne jusqu'à leur arrivée à la frontière du pays de Canaan. 36 Or l'omer est la dixième partie de l'épha.

Le vase contenant la Manne est placée "devant l’Éternel", et devait donc être posé dans le Lieu Très Saint du Tabernacle du désert dès qu’il sera construit, et du Temple ensuite, pour se trouver par la suite dans l’Arche d’Alliance avec les Tables de la Loi et le bâton d’Aaron qui avait bourgeonné (Hébreux 9:4). Par ces signes, l’homme attaché à l’Alliance associe la manifestation de la grâce de Dieu et la reconnaissance de son autorité aux préceptes de la Loi.
 
Mais malgré la présence de ce mémorial de la bonté de Dieu, l’homme se lassera progressivement, la Manne ne lui suffira plus et bientôt au sein du peuple se lèveront des hommes qui l’évoqueront disant : "notre âme est dégoutée de ce pain misérable" (Nombres 21:5). Mais en réalité, ce grain mystérieux a pour la foi "la saveur du miel", et le pain qu’il en fait a la douceur d’un "pain à l’huile", procurant à l’âme la joie et l’allégresse (Jérémie 15:16). Belle image de la joie du croyant qui ne se lasse pas de ce grand fait que Dieu a parlé à l’homme, lui donnant à considérer son dessein, à savoir la paix et le repos pour tout homme (Matthieu 11:28).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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19:58 Publié dans Expériences du désert | Eric