12/11/2012

Sortie d'Egypte - De Ramsès à Elim


 

LA TRAVERSEE DE LA MER
DE RAMSES A ELIM

Exode 12:29-15:21

 
De la ville de Ramsès, dans le Delta du Nil, à l’oasis d’Elim, dans le désert, le récit nous présente la réalité de la nouvelle vie avec Dieu. La rupture morale inévitable d’avec le monde ambiant, aux parfums souvent délétères, suivi de la route inattendue, lorsque le peuple s’en va vers le sud, à l’opposé du pays promis, ce qui pouvait instiller le doute, et un retour au nord qui induit le Pharaon à revenir sus sa parole… Mais, pour les hommes qui s’engagent dans la Mer, c’est la délivrance, car l’ennemi est vaincu. La libération est célébrée, le cantique de Moïse, mais aussitôt viennent les contraintes de la nouvelle vie avec Dieu ; il faut apprendre la marche par la foi, connaître les eaux amères de Mara, mais aussi le bois qui les rend douces, avant de goûter la félicité de l’oasis d’Elim, ses fontaines et ses palmiers…


 
Départ des Israélites
Exode 12:29-13:16

Tandis que le repas de la Pâque s’achevait dans les maisons, la pression était montée en Egypte ; le malheur s’était abattu sur le pays, la mort touchant les premiers-nés. Et, de nuit, la parole est lancée : "Sortez du milieu de mon peuple !". Et même le peuple d’Egypte pousse les Israélites à s’en aller. Ces familles taillables et corvéables, dans la souffrance, poussées dehors.

29 Et il arriva, au milieu de la nuit, que l'Éternel frappa tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né du Pharaon, qui était assis sur son trône, jusqu'au premier-né du captif qui était dans la maison de la fosse, et tout premier-né des bêtes. 30 Et le Pharaon se leva de nuit, lui et tous ses serviteurs, et toute l'Égypte ; et il y eut un grand cri en Égypte, car il n'y avait pas de maison où il n'y eût un mort. 31 Et il appela Moïse et Aaron de nuit, et dit : Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, tant vous que les fils d'Israël, et allez-vous-en, servez l'Éternel, comme vous l'avez dit ; 32 prenez votre menu bétail et votre gros bétail, comme vous l'avez dit, et allez-vous-en, et bénissez-moi aussi. 33 Et les Égyptiens pressaient le peuple, pour le renvoyer du pays en hâte ; car ils disaient : Nous sommes tous morts. 34 Et le peuple prit sa pâte avant qu'elle fût levée, ayant leurs huches liées dans leurs vêtements sur leurs épaules. 35 Les fils d'Israël firent selon la parole de Moïse ; ils demandèrent aux Égyptiens des objets d'argent, des objets d'or et des vêtements. 36 Et l'Éternel fit que le peuple trouva faveur aux yeux des Égyptiens, qui accordèrent leurs demandes ; et ils dépouillèrent les Égyptiens.

Un départ marquant : alors qu’ils furent exploités, les Israélites partent avec de grands biens, une forme de restitution pour les abus dont ils furent victime. Mais ils ne pouvaient s’attarder, ils ne pouvaient attendre que la pâte préparée fût levée. Ils cuisent ainsi leur pain sans levain, car ils ne pourraient en recuire qu’à l’étape… Et quand pourront-ils s’arrêter en paix ?
 
Les pains sans levain ! Un fait mémorable, un signe plus important qu’il n’y paraît, car il évoque la précipitation du départ, mais aussi la détermination de la foi lors d’un nouveau départ, le commencement d’une nouvelle vie. De cela ils auront à se souvenir, cela leur sera salutaire, car le temps tend à émousser les grands moments de la vie, à en ternir l’éclat… Or, cette mise en route d’Israël est bien une image du changement de cap, de la conversion donc, d’une âme qui s’engage dans le chemin de la vie avec Dieu.

37 Et les fils d'Israël partirent de Ramsès pour Succoth, environ six cent mille hommes de pied, les hommes faits, sans les petits enfants ; 38 et aussi un grand amas de gens monta avec eux, et du menu et du gros bétail, des troupeaux en très-grand nombre. 39 Et ils cuisirent en gâteaux sans levain la pâte qu'ils avaient emportée d'Égypte ; car elle n'avait pas levé, parce qu'ils avaient été chassés d'Égypte et n'avaient pu tarder ; ils ne s'étaient pas fait non plus de provisions.

Les Israélites sont dès lors en route, une errance qui durera quarante années alors que le chemin vers Canaan était de quelques jours seulement. Et, fait troublant pour eux, ils sont conduits vers le sud, le long de la Mer rouge, alors qu’ils se trouvaient principalement à l’est du delta du Nil, et sur la voie qui menait en quelques jours au pays de Canaan, au nord-est.

Six-cent mille hommes ! Cela peut représenter plus de trois millions d’âmes, en comptant les femmes et les enfants. Le nombre est impressionnant, surtout en considérant qu’il de la descendance de ces soixante-dix qu’était la famille de Jacob en Egypte (Genèse 46:27) quatre générations plus tôt (Genèse 3:16, Exode 6:16,18,20). Mais il est bien écrit "Et les fils d'Israël fructifièrent et foisonnèrent, et multiplièrent, et devinrent extrêmement forts ; et le pays en fut rempli" (Exode 1:7). Qu’en penser ? Cela imposerait que chaque homme ait en moyenne entre neuf et dix descendants mâles ayant atteint l’âge de procréer. Il pourrait s’agir ici d’une amplification bien commune aux récits anciens, mais il faut reconnaître que la tradition la plus ancienne que nous connaissions, celle de la Bible grecque des LXX, note également ce nombre de six cent mille hommes.
 
Quatre cent trente ans ! Pour ce qui concerne le nombre des années en Egypte, il est utile de considérer ce texte plus ancien des LXX : "Or, le séjour que les fils d’Israël avaient fait tant dans la terre d’Égypte que dans celle de Chanaan, avait duré quatre cent trente ans" (Exode 12:40, Bible des LXX). C’est bien la lecture qu’en faisait l’apôtre Paul lorsqu’il note que ce nombre d’années représente la période qui va du don de la promesse à Abraham à l’année de la sortie d’Egypte : "Or c'est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence… Or je dis ceci : que la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n'annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet." (Galates 3:16-17). Ce sont ainsi quelque deux siècles que dura le séjour des Israélites en Egypte, une durée qui permet de comprendre que c’est la quatrième génération qui traversa la Mer des Joncs (Genèse 3:16).

40 Et l'habitation des fils d'Israël qui avaient habité en Égypte (La Bible des LXX indique : tant dans la terre d’Egypte que dans celle de Canaan), fut de quatre cent trente ans. 41 Et il arriva, au bout de quatre cent trente ans, il arriva, en ce même jour, que toutes les armées de l'Éternel sortirent du pays d'Égypte. 42 C'est une nuit à garder pour l'Éternel, parce qu'il les a fait sortir du pays d'Égypte ; cette nuit-là est à garder pour l'Éternel par tous les fils d'Israël, en leurs générations.

Quatre cent trente ans après le don de la promesse à Abraham (Galates 3:16-17), la quatrième génération descendant de Jacob, alias Israël, le patriarche, le peuple est sorti d’Egypte et entame une nouvelle vie, la vie avec Dieu, "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Cette nuit est à garder ! Il fallait absolument ne pas oublier cette grande délivrance, car le chemin pourra être long et plus difficile qu’imaginé, la lassitude pourra s’envahir du corps et de l’esprit, les "pourquoi" pourront s’infiltrer dans les pensées… Alors, tenir en mémoire le point de départ, regarder à ce que l’on a fui, est un exercice salutaire pour se garder d’abandonner la route, pour ressentir au plus profond de son être ce que représente de marcher dans la vraie vie, la vie de la foi. Ainsi les Israélites sont appelés à célébrer d’année en année cette réalité du départ, de la sortie d’Egypte, ce jour mémorable où ils ont emporté à la hâte leur pâte à pain non levée… Une exhortation souvent répétée, soulignant ainsi combien ce travail de mémoire est salutaire (Exode 12:14-20, 12:39, 13:6-7, 23:15, 29:2, 34:18, Lévitique 23:6-8, Nombres 28:16-25, Deutéronome 16:1-8).
 
Une nuit à garder ! Car nous comprenons combien il serait dangereux de laisser s’estomper la mémoire des jours d’engagement dans la vie de la foi !
 
Ainsi est établi le double mémorial, la Pâque célébrée en famille et les sept jours des Pains sans levain. Célébrations de cette nuit où Dieu conduisit le peuple choisi pour lui donner une nouvelle vie, lui donner de laisser derrière lui la servitude afin de marcher d’être des hommes "debout" dans la conscience de créatures de Dieu, et peut-être le sentiment d’avoir été créé à l’image de Dieu !

43 Et l'Éternel dit à Moïse et à Aaron : C'est ici le statut de la Pâque : Aucun étranger n'en mangera ; 44 mais tout esclave, homme acheté à prix d'argent, tu le circonciras ; alors il en mangera. 45 L'habitant et l'homme à gages n'en mangeront point. 46 Elle sera mangée dans une même maison ; tu n'emporteras point de sa chair hors de la maison, et vous n'en casserez pas un os. 47 Toute l'assemblée d'Israël la fera. 48 Et si un étranger séjourne chez toi, et veut faire la Pâque à l'Éternel, que tout mâle qui est à lui soit circoncis ; et alors il s'approchera pour la faire, et sera comme l'Israélite de naissance ; mais aucun incirconcis n'en mangera. 49 Il y aura une même loi pour l'Israélite de naissance et pour l'étranger qui séjourne parmi vous. 50 Et tous les fils d'Israël firent comme l'Éternel avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils firent ainsi.
 
51 Et il arriva, en ce même jour, que l'Éternel fit sortir les fils d'Israël du pays d'Égypte, selon leurs armées.

Mais avant le mémorial de la délivrance, le peuple d’Israël doit reconnaître l’autorité divine. La famille est la cellule fondamentale de l’humanité selon le propos divin, et ainsi chaque foyer doit reconnaître son lien à Dieu en "sanctifiant" son premier-né. Il s’agira donc de présenter un sacrifice particulier lors de la naissance du premier-né. Quant aux animaux aussi, car tout appartient au Créateur, il s’agira de sanctifier le premier-né.

13  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Sanctifie-moi tout premier-né, tout ce qui ouvre la matrice parmi les fils d'Israël, tant des hommes que des bêtes ; il est à moi.
 
3 Et Moïse dit au peuple : Souvenez-vous de ce jour, auquel vous êtes sortis d'Égypte, de la maison de servitude, car l'Éternel vous en a fait sortir à main forte ; et on ne mangera point de pain levé. 4 Vous sortez aujourd'hui, au mois d'Abib. 5 Et quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen, du Héthien, de l'Amoréen, du Hévien, et du Jébusien, qu'il a juré à tes pères de te donner, pays ruisselant de lait et de miel, il arrivera que tu feras ce service en ce mois-ci. 6 Pendant sept jours tu mangeras des pains sans levain, et le septième jour il y aura une fête à l'Éternel. 7 On mangera pendant les sept jours des pains sans levain ; et il ne se verra point chez toi de pain levé, et il ne se verra point de levain chez toi, dans tous tes confins. 8 Et tu l’expliqueras à ton fils, en ce jour-là, disant : C'est à cause de ce que l'Éternel m'a fait quand je sortis d'Égypte. 9 Et cela te sera un signe sur ta main, et un mémorial entre tes yeux, afin que la loi de l'Éternel soit en ta bouche, car l'Éternel t'a fait sortir d'Égypte à main forte. 10 Et tu garderas ce statut en sa saison, d'année en année.

L’autorité de Dieu sur les familles des hommes, et la nouvelle naissance du peuple sont ici intimement liées. L’Éternel a rappelé son autorité par la mort des premiers-nés en Egypte, un peuple qui vivait dans l’ignorance de son Dieu ; quant à Israël, appelé à être serviteur de Dieu en ce monde, il se devait de reconnaître cette autorité dans ce geste de reconnaissance touchant les premiers-nés. Et aussi, chaque année, ils mangeront des pains sans levain pendant sept jours, le levain symbolisant ce qui s’oppose à Dieu pour apporter la ruine, ainsi que Paul écrira à propos de ce levain "qui fait monter la pâte toute entière" (Galates 5:9).

11 Et il arrivera, quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays du Cananéen, comme il l'a juré à toi et à tes pères, et qu'il te l'aura donné, 12 que tu consacreras à l'Éternel tout ce qui ouvre la matrice, et tout ce qui ouvre la portière des bêtes qui t'appartiendront : les mâles seront à l'Éternel. 13 Et tout premier fruit des ânes, tu le rachèteras avec un agneau ; et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras.
 
14 Et quand ton fils t'interrogera à l'avenir, disant : Qu'est-ce que ceci ? alors tu lui diras : À main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude. 15 Et il arriva, quand le Pharaon s'obstinait à ne pas nous laisser aller, que l'Éternel tua tous les premiers-nés dans le pays d'Égypte, depuis le premier-né des hommes jusqu'au premier-né des bêtes ; c'est pourquoi je sacrifie à l'Éternel tout ce qui ouvre la matrice, les mâles, et je rachète tout premier-né de mes fils.

Les "pains sans levain" et l’offrande de sacrifice lors de la naissance d’un premier-né seront donc des signes assurant la pérennité du souvenir et la transmission du flambeau aux générations (13:8 et 14). Les bases indispensables de la fidélité à l’Alliance.

16 Et ce sera un signe sur ta main et un fronteau entre tes yeux, car à main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte.

Un signe, un fronteau… Plus tard des bandelettes portant des versets de la Bible seront portées sur des vêtements de prière, mais ici sans nul signe visible, nous voyons ici la réalité morale du service de mémoire, lequel est d’une toute autre nature que les gestes symboliques qui finissent souvent par s’accomplir par simple tradition.
 
Le regard du racheté doit être celui de l’homme conscient de l’opération de Dieu envers lui, et ses actes marqués par cette réalité qui donne sens à sa vie. Le regard du croyant ne peut être celui de l’homme asservi, car il est "debout" dans la conscience de la vie avec Dieu et conséquent dans toutes ses actions.


 
De la terre de Goshen à la Mer Rouge

Deux réalités sont ici devant nous, celle du monde oppresseur face à celle du peuple libéré. D’une part, le Pharaon vaincu ; moralement il n’a plus le ressort pour maintenir le peuple d’Israël en Egypte, mais son cœur n’est pas changé… D’autre part, les Israélites qui ont à parcourir leurs premiers pas d’hommes libres. Mais pourront-ils résister aux difficultés du chemin ? Et surtout à leur future situation dans le pays promis, là où ils devront faire preuve de fidélité au milieu des peuples de Canaan ! Alors l’Éternel les guide dans une voie propre à les former, les fortifier. Et ici nous pouvons penser que la pédagogie divine prend soin de ceux qui s’engagent dans le chemin de la nouvelle vie.
 
Plutôt que de monter le long de la Grande Mer, la Méditerranée, par le chemin le plus court, les Israélites sont conduits vers le sud, le long de la Mer rouge, avant qu’ils ne soient conduits face à la Mer des Joncs, le lieu de la traversée. Un grand détour.

17 Et il arriva, quand le Pharaon laissa aller le peuple, que Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui est pourtant proche ; car Dieu dit : De peur que le peuple ne se repente lorsqu'ils verront la guerre, et qu'ils ne retournent en Égypte. 18 Et Dieu fit faire un détour au peuple par le chemin du désert de la mer des Joncs ; et les fils d'Israël montèrent en ordre de bataille hors du pays d'Égypte.
 
19 Et Moïse prit les os de Joseph avec lui, car il avait expressément fait jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera ; et vous ferez monter mes os d'ici avec vous.

Ce n’est pas un voyage exploratoire ! Le départ est définitif, et d’ailleurs un signe majeur l’atteste : ils emportent un cercueil bien précieux qui les relie aux patriarches, les dépositaires de la promesse qui s’accomplit pour eux. Ce sont les os de Joseph, emportés conformément à sa demande : "Et Joseph fit jurer les fils d'Israël, disant : Certainement Dieu vous visitera, et vous ferez monter d'ici mes os." (Genèse 50:25). Cet Israélite qui fut conduit le premier en Egypte afin de leur ménager un lieu de repos au cœur d’une terrible période de famine, a laissé ce message de foi, de confiance, en leur donnant cette directive. N’était-il pas envoyés par Dieu en Egypte pour "conserver la vie par une grande délivrance" (Genèse 45:7). Et à ce titre, le peuple si nombreux qui se trouve là, marchant le long de la Mer Rouge, lui doit en quelque sorte d’exister…
 
Le peuple est conduit par une colonne de nuée le jour, et de feu la nuit. Ce sont les étapes de Succoth et d’Etham, plus au sud encore, avant le retour au "lieu où poussent les joncs" – Pi-Hahiroth – sur les berges de la Mer des Joncs.

20 Et ils partirent de Succoth, et campèrent à Etham, à l'extrémité du désert. 21 Et l'Éternel allait devant eux, de jour dans une colonne de nuée pour les conduire par le chemin, et de nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit : 22 la colonne de nuée ne se retira point, le jour, ni la colonne de feu, la nuit, de devant le peuple.

14  1 Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 2 Dis aux fils d'Israël qu'ils retournent en arrière et qu'ils campent devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la mer ; devant Baal-Tsephon, vis-à-vis, vous camperez près de la mer. 3 Et le Pharaon dira des fils d'Israël : Ils sont embarrassés dans le pays, le désert les a enfermés. 4 Et j'endurcirai le cœur du Pharaon, et il les poursuivra : et je serai glorifié dans le Pharaon et en toute son armée ; et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel. Et ils firent ainsi.

Et voici le peuple entre la mer et une tour de guet – Migdol – face à Baal-Tsephon, un lieu appelé d’un nom phénicien, sur la rive orientale des actuels lacs Amer, jusqu’où, alors, s’étendait la Mer Rouge. Ce retour vers Pi-Hahiroth pouvait paraître l’aveu d’une erreur d’itinéraire, mais pourtant la colonne de nuée était bien devant les Israélites. Et nous lisons que ce détour était fait pour que soit révélé le cœur du Pharaon. Laisser partir le peuple, il y fut bien contraint du fait de la douleur qui s’est répandue dans le pays et dans sa maison… Son état d’esprit n’en a pas été changé ; en effet, après avoir laissé partir le peuple, il manifeste toujours ce grand cynisme propre à tous ceux que le pouvoir enivre et aveugle…

5 Et il fut rapporté au roi d'Égypte que le peuple s'était enfui ; et le cœur du Pharaon et de ses serviteurs fut changé à l'égard du peuple, et ils dirent : Qu'avons-nous fait de laisser aller Israël, pour qu'il ne nous servît plus ? 6 Et il attela son char, et prit son peuple avec lui. 7 Et il prit six cents chars d'élite, et tous les chars de l'Égypte, et des capitaines sur tous. 8 Et l'Éternel endurcit le cœur du Pharaon, roi d'Égypte, et il poursuivit les fils d'Israël. Et les fils d'Israël sortaient à main levée. 9 Et les Égyptiens les poursuivirent ; et tous les chevaux, les chars du Pharaon, et ses cavaliers et son armée, les atteignirent campés près de la mer, près de Pi-Hahiroth, devant Baal-Tsephon.

Le demi-tour opéré à Etham, et l’approche des armées du Pharaon génèrent le doute et la contestation, et sans aucun doute l’expression en est heureuse, car une réponse peut alors être donnée, et elle est forte !

10 Et le Pharaon s'approcha, et les fils d'Israël levèrent leurs yeux, et voici, les Égyptiens marchaient après eux : et les fils d'Israël eurent une grande peur, et crièrent à l'Éternel ; 11 et ils dirent à Moïse : Est-ce parce qu'il n'y avait pas de sépulcres en Égypte, que tu nous as emmenés pour mourir dans le désert ? Que nous as-tu fait, de nous avoir fait sortir d'Égypte ? 12 N'est-ce pas ici la parole que nous te disions en Égypte, disant : Laisse-nous, et nous servirons les Égyptiens ? Car il nous vaut mieux servir les Égyptiens que de mourir dans le désert. 13 Et Moïse dit au peuple : Ne craignez point ; tenez-vous là, et voyez la délivrance de l'Éternel, qu'il opérera pour vous aujourd'hui ; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus, à jamais. 14 L'Éternel combattra pour vous, et vous, vous demeurerez tranquilles.

Quel enseignement ! Ils peuvent ici comprendre que leur délivrance ne vient pas d’un changement d’esprit de ceux qui les tenaient asservis, mais de l’Éternel qui leur fait des promesses fermes, leur disant "qu’il ne verraient plus jamais les Egyptiens", ils ne seraient plus menacés par leur armée prête ici à les asservir à nouveau. Hélas, nous voyons ici cette promptitude à clamer qu’il est préférable de servir les Egyptiens que de mourir dans le désert…
 
Et d’apprendre que l’Éternel combat pour eux, et qu’ils peuvent demeurer tranquilles. De la tranquillité d’esprit, l'empreinte de la foi.


 
Traversée de la Mer des Joncs
Exode 14:15-31

La tâche de Moïse est bien difficile ; il est placé entre l’Éternel qui conduit et le peuple qui marche vers un avenir inconnu ; ce peuple si fragile, porté à réclamer et plus rassuré par ce qu’ils connaissaient, le dur labeur dont ils étaient chargés, que par l’annonce d’un avenir plein d’incertitudes pour eux… L’aller et le retour le long de la Mer Rouge, jusqu’à se trouver entre les armées du Pharaon et la Mer, ne fut pas pour apporter la quiétude.
 
Moïse est pris à partie, ce qui exige de lui une force morale exceptionnelle ; il crie à Dieu alors qu’il connaît que l’Ange de Dieu conduit, et que le peuple est en passe d’être délivré définitivement de la puissance du Pharaon.
 
La foi du peuple est éprouvée, mais aussi l’endurance du serviteur, celui-ci confronté à la pression des Israélites, et ceux-là se trouvant hors du cadre asservissant mais connu, donc rassurant, dans lequel ils sont nés. Une parole sévère est adressée à Moïse : "Que cries-tu à moi ?" Et, averti de ce qui allait se passer, il reçoit les paroles à transmettre. "Parle aux fils d’Israël, et qu’ils marchent !"

15 Et l'Éternel dit à Moïse : Que cries-tu à moi ? Parle aux fils d'Israël, et qu'ils marchent. 16 Et toi, lève ta verge, et étends ta main sur la mer, et fends-la ; et que les fils d'Israël entrent au milieu de la mer à sec. 17 Et moi, voici, j'endurcirai le cœur des Égyptiens, et ils entreront après eux ; et je me glorifierai dans le Pharaon et en toute son armée, en ses chars et en ses cavaliers ; 18 et les Égyptiens sauront que je suis l'Éternel, quand je serai glorifié dans le Pharaon, en ses chars et en ses cavaliers.

La marche reprend, l’Ange de Dieu qui conduit le peuple se place alors à l’arrière, de là où vient l’ennemi. C’est sous la conduite de l’Envoyé de Dieu – traduction du terme "Ange" – que le peuple parcourt ces premières étapes. Jusque-là, le peuple a appris qu’il a, en l’Éternel, un Guide, mais il va apprendre ici qu’il trouve en Lui un Protecteur. La leçon est essentielle. Le croyant est délivré pour connaître la liberté et marcher dans le chemin de la foi, mais il doit savoir aussi qu’il est protégé. Ce sont là deux manifestations complémentaires de la grâce. Pourrions-nous penser que Dieu libère sans vouloir mener jusqu’au bout le racheté (1 Corinthiens 1:8) ? Mais de quelle protection s’agit-il pour le croyant ? Serait-il épargné des aléas de la vie sur la terre et des persécutions ? Telle n’est pas la réalité. Mais si le corps est mortel, dans la douleur même le croyant est soutenu dans son âme, dans sa foi.
 
Pour Israël, la protection manifestée par l’Envoyé de Dieu s’interposant entre le peuple et son exacteur est un signe majeur…

19 Et l'Ange de Dieu, qui allait devant le camp d'Israël, partit, et s'en alla derrière eux ; et la colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux ; 20 et elle vint entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël ; pour les uns, elle fut une nuée et des ténèbres, et pour les autres elle éclairait la nuit ; et l'un n'approcha pas de l'autre de toute la nuit. 21 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et l'Éternel fit aller la mer toute la nuit par un fort vent d'orient, et mit la mer à sec, et les eaux se fendirent ; 22 et les fils d'Israël entrèrent au milieu de la mer à sec ; et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 23 Et les Égyptiens les poursuivirent, et entrèrent après eux, tous les chevaux du Pharaon, ses chars et ses cavaliers, au milieu de la mer. 24 Et il arriva, sur la veille du matin, que l'Éternel, dans la colonne de feu et de nuée, regarda l'armée des Égyptiens, et mit en désordre l'armée des Égyptiens. 25 Et il ôta les roues de leurs chars et fit qu'on les menait difficilement. Et les Égyptiens dirent : Fuyons devant Israël, car l'Éternel combat pour eux contre les Égyptiens.

Un fort vent d’orient ! Le peuple se met en marche face à ce vent qui dessèche le sol de la Mer des Joncs – un espace de faible profondeur sans doute, ainsi que nous pouvons le déduire des joncs qui le couvraient – mais qui en temps normal interdit le passage à l’autre rive. Le peuple fait la traversée, et lorsqu’il est passé, les flots recouvrent l’espace et arrêtent la progression des armées égyptiennes.

26 Et l'Éternel dit à Moïse : Étends ta main sur la mer, et les eaux retourneront sur les Égyptiens, sur leurs chars et sur leurs cavaliers. 27 Et Moïse étendit sa main sur la mer : et, vers le matin, la mer reprit sa force ; et les Égyptiens s'enfuirent à sa rencontre ; et l'Éternel précipita les Égyptiens au milieu de la mer. 28 Et les eaux retournèrent et couvrirent les chars et les cavaliers de toute l'armée du Pharaon qui était entrée après eux dans la mer ; il n'en resta pas même un seul. 29 Et les fils d'Israël marchèrent à sec au milieu de la mer, et les eaux étaient pour eux un mur à leur droite et à leur gauche. 30 Et l'Éternel délivra en ce jour-là Israël de la main des Égyptiens, et Israël vit les Égyptiens morts sur le rivage de la mer. 31 Et Israël vit la grande puissance que l'Éternel avait déployée contre les Égyptiens ; et le peuple craignit l'Éternel, et ils crurent à l'Éternel, et à Moïse son serviteur.

La délivrance ! Un moment de grâce particulier pour ce peuple craintif et prompt à douter. Ce jour-là les fils d’Israël ont connu la grandeur de l’Éternel et la qualité du prophète qui leur a été envoyé !


 
Les Cantiques de Moïse et de Myriam
Exode 15:1-21

La connaissance d’une si grande délivrance produit la louange à l’Éternel. C’est en chœur que les fils d’Israël chantent avec Moïse !
 
Un véritable enthousiasme, au sens étymologique du terme ! Goûtant la délivrance, le peuple se sent lié à Dieu, et pour ainsi dire "en Dieu"… Ainsi prononce-t-il ces paroles : "je lui préparerai une habitation !" La joie éprouvée les conduit à cette déclaration remarquable dans laquelle nous ne devons certes pas comprendre l’idée d’une maison qui lui serait construite… Retenons les paroles de Salomon lors de l’inauguration du Temple de Jérusalem : "Mais Dieu habitera-t-il vraiment sur la terre ? Voici, les cieux, et les cieux des cieux, ne peuvent te contenir ; combien moins cette maison que j'ai bâtie !" (1 Rois 8:27). Mais le sens moral est clair. Le peuple, saisi par la bonté de Dieu, exprime la pensée de vivre avec Dieu, auprès de Dieu… Ceci n’est pas sans rappeler les paroles de l’apôtre dans un contexte bien évidemment fort différent : "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1 Corinthiens 3:16, voir aussi 6:19 et Éphésiens 2:21).
 
Nous lisons ainsi dans ce cantique ce désir de marcher dans la communion, avec Dieu – lui faire une habitation pour qu’Il puisse être toujours avec eux comme il a manifesté l’être lors de la traversée de la mer et de la débâcle de l’armée du Pharaon.

15  1 Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique à l'Éternel, et parlèrent, disant :
 
   Je chanterai à l'Éternel, car il s'est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait.
2 Jah est ma force et mon cantique, et il a été mon salut. Il est mon Dieu, et je lui préparerai une habitation, - le Dieu de mon père, et je l'exalterai.
3 L'Éternel est un homme de guerre ; l'Éternel est son nom.
4 Les chars du Pharaon, et son armée, il les a jetés dans la mer ; l'élite de ses capitaines a été enfoncée dans la mer des Joncs.
5 Les abîmes les ont couverts ; ils sont descendus dans les eaux profondes, comme une pierre.
6 Ta droite, ô Éternel ! s'est montrée magnifique en force ; ta droite, ô Éternel ! a écrasé l'ennemi.
7 Et dans la grandeur de ta majesté, tu as détruit ceux qui s'élevaient contre toi ; tu as lâché ta colère, elle les a dévorés comme du chaume.
8 Et par le souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées ; les courants se sont dressés comme une muraille ; les abîmes sont devenus solides au cœur de la mer.
9 L'ennemi disait : Je poursuivrai, j'atteindrai, je partagerai le butin ; mon âme sera assouvie d'eux ; je tirerai mon épée, ma main les exterminera.
10 Tu as soufflé de ton souffle, la mer les a couverts ; ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux magnifiques.
11 Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en louanges, opérant des merveilles ?
12 Tu as étendu ta droite, la terre les a engloutis.
13 Tu as conduit par ta bonté ce peuple que tu as racheté ; tu l'as guidé par ta force jusqu'à la demeure de ta sainteté.
14 Les peuples l'ont entendu, ils ont tremblé ; l'effroi a saisi les habitants de la Philistie.
15 Alors les chefs d'Édom ont été épouvantés ; le tremblement a saisi les forts de Moab ; tous les habitants de Canaan se sont fondus.
16 La crainte et la frayeur sont tombées sur eux : par la grandeur de ton bras ils sont devenus muets comme une pierre, jusqu'à ce que ton peuple, ô Éternel, ait passé, jusqu'à ce qu'ait passé ce peuple que tu t'es acquis.

Après avoir évoqué, aux premiers versets du cantique, l’idée de bâtir une habitation pour le Seigneur Dieu, vient la confiance d’être approché de "la demeure de la sainteté de Dieu". Il y a une réelle conscience du rachat, et une réelle joie dans cette confiance jusqu’à dépasser les termes de la promesse, le cantique n’évoquant pas même le pays "ruisselant de lait et de miel", mais s’attachant à un lien indéfectible avec l’Éternel, "à toujours et à perpétuité".

17 Tu les introduiras et tu les planteras sur la montagne de ton héritage, le lieu que tu as préparé pour ton habitation, ô Éternel ! le sanctuaire, ô Seigneur ! que tes mains ont établi.
18 L'Éternel régnera à toujours et à perpétuité.
19 Car le cheval du Pharaon est entré dans la mer, avec son char et ses cavaliers, et l'Éternel a fait retourner sur eux les eaux de la mer ; et les fils d'Israël ont marché à sec au milieu de la mer.

La joie est grande, l’élévation de la pensée atteint aux desseins du Seigneur Dieu pour l’éternité ! Ensuite, les femmes aussi expriment leur joie et leur reconnaissance autour de Marie, la sœur de Moïse, qui leur répond en des termes bien sobres touchant la grande délivrance qu’elles goûtent ensemble.

20 Et Marie, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit un tambourin en sa main, et toutes les femmes sortirent après elle, avec des tambourins et en chœurs ;
21 et Myriam leur répondait : Chantez à l'Éternel, car il s'est hautement élevé ; il a précipité dans la mer le cheval et celui qui le montait.

Il est remarquable de lire comment le dessein de Dieu est développé, et exprimé avec confiance dans les paroles du "Cantique de Moïse". Soulignons ce grand mouvement de cœur qui conduit, en goûtant la délivrance, à désirer ardemment vivre avec Dieu, si grand et si bon, qui les a "rachetés", ceci exprimé en parlant de lui établir une habitation. Quelques jours plus tard, face aux eaux amères de Marra, ce seront des murmures à l’adresse de Moïse… Pour une partie du peuple, ce sera fini déjà de reconnaître l’action de l’Éternel Dieu, pour se tourner avec doute vers l’homme Moïse…
 
Ainsi le peuple retardera l’avènement de ses aspirations spirituelles en laissant s’insinuer le doute, en oubliant les leçons de la grande délivrance qu’ils ont pourtant goûté avec élan dans l’expression de ce cantique.


 
MARA ET ELIM
Exode 15:22-27

 
Le peuple est sorti d’Egypte, et nous pouvons comprendre combien la joie remplissait les cœurs, cette joie chantée par Moïse dans ce cantique auquel firent écho Myriam et les femmes qui "sortirent après elle". Mais faut-il penser que la démarche de la foi annule les aléas de la vie humaine, les difficultés du chemin ? Le croyant est-il en paix et heureux, épargné d’épreuves selon la mesure de sa foi ? Laisser entendre une telle idée serai induire de bien grandes erreurs de jugement et générer de grandes désillusions. Les joies de la foi sont d’une toute autre nature.
 
Telle est une des leçons que nous donnent les étapes de Mara et d’Elima, les premières haltes qui suivirent le rassemblement au-delà de la Mer des Joncs. Après trois journées de marche dans le désert, sans nul point d’eau où se désaltérer, voici enfin un puits… Mais les eaux sont amères, et la déception bien grande ! Immédiatement viennent les murmures, la contestation, la colère !

22 Et Moïse fit partir Israël de la mer des Joncs, et ils sortirent vers le désert de Shur ; et ils marchèrent trois jours dans le désert, et ne trouvèrent point d'eau. 23 Et ils vinrent à Mara ; mais ils ne pouvaient boire des eaux de Mara car elles étaient amères : c'est pourquoi son nom fut appelé Mara. 24 Et le peuple murmura contre Moïse, disant : Que boirons-nous ? 25 Et il cria à l'Éternel ; et l'Éternel lui enseigna un bois, et il le jeta dans les eaux, et les eaux devinrent douces.

Est-ce un piège que de conduire le peuple, par la colonne de feu ou de nuée qui montrait le chemin, dans ce désert aride, et devant ce puits aux eaux amères ? Que non ! Il s’agit d’apporter au peuple l’expérience de la grâce. Les murmures sont forts, mais la réponse n’en est que plus sensible et propre à être retenue. Des murmures répréhensibles ? Sans doute ! Mais Dieu attend-il la perfection dans l’homme ? Ne vient-il pas plutôt au devant des faiblesses des hommes pour répandre sa grâce, faire connaître sa patience, sa bonté et son dessein d’amour ? Il n’y a pas de répréhension dans ce passage, mais une directive donnée à Moïse placé dans une situation à laquelle il pouvait s’attendre. Et un enseignement salutaire.
 
Un bois jeté dans les eaux… Et elles sont rendues propres à la consommation. Qu’est-donc ce bois ? Celui désigné par l’Éternel à Moïse ; lequel accomplit le geste indiqué. Comment un Israélite pouvait-il comprendre ce qu’était ce bois ? Le bois jeté dans le puits n’est pas récupéré pour un autre usage, car le geste marque ici la foi, et non le commencement d’un rite superstitieux. Il restera dans les mémoires, du fait même de l’écriture de la scène, mais il faudra bien longtemps avant que l’on puisse comprendre…
 
Le bois plongé dans les eaux amères peut nous parler aujourd’hui, lorsque nous considérons l’amertume profonde attachée à la croix du Calvaire, comme il est écrit "Maudit quiconque est pendu au bois" (Galates 3:13, Deutéronome 21:23). Considérant le chemin de l’Homme Christ Jésus, le croyant dans la douleur peut considérer la souffrance qui toucha son Seigneur avant lui, et y trouver la consolation.
 
Tant Moïse qu'Israël sont éprouvés à Mara. Pour le peuple, c’est le doute et déjà les murmures, trois jours après la traversée de la Mer, et le prophète élève un cri, car il se trouve face à une vraie colère tournée contre lui sans avoir la réponse… La leçon de Mara est alors donnée, claire, encourageante.

26 Là il lui donna un statut et une ordonnance, et là il l'éprouva, et dit : Si tu écoutes attentivement la voix de l'Éternel, ton Dieu, et si tu fais ce qui est droit à ses yeux, et si tu prêtes l'oreille à ses commandements, et si tu gardes tous ses statuts, je ne mettrai sur toi aucune des maladies que j'ai mises sur l'Égypte, car je suis l'Éternel qui te guérit.

Notons que, dans la référence à l’Egypte, il n’est pas parlé des dix plaies, mais de "maladies", et nous comprenons que celui qui écoute la parole du Seigneur et la pratique sera gardé des maladies de l’esprit qui pourraient l’atteindre, il sera gardé des murmures ou de l’irritation devant Dieu (Exode 23:25, Jacques 5:14-15). La leçon apportée lorsque la colonne de feu conduisit le peuple à Mara permet alors de goûter véritablement un temps de paix ; alors que l’éducation de l’esprit se fait dans l’épreuve, elle conduit à goûter en vérité ce que sera l’aboutissement du dessein divin : introduire les fidèles dans la paix, la quiétude (Matthieu 11:28). Ainsi, le peuple ayant goûté des eaux de Mara rendues saines est conduit à Elim.

27 Puis ils vinrent à Élim, où il y avait douze fontaines d'eau et soixante-dix palmiers ; et ils campèrent là, auprès des eaux.

Douze fontaines, pour nous dire qu’il y a un lieu pour chacun, pour chacune des douze tribus, et un lieu où siège chacun des soixante-dix anciens (Exode 24:1).


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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