28/10/2012

Sortie d'Egypte - Le repas de la Pâque


 

Sortie d'Egypte - Le Repas de la Pâque
Exode 12

 
"Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et je vous ai fait venir à moi" (Exode 19:4). Une parole en exergue pour exprimer l’essence des expériences du désert. En effet, les pleurs d’une nation taillable et corvéable à merci par le puissant pharaon ont été entendus, et c’est là, lorsque le Seigneur Dieu apporte la délivrance, que commence l’apprentissage des hommes. Voici qui illustre la conversion, le commencement de la nouvelle vie, ce qui est "vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Ayant saisi la proclamation ""Laisse aller mon peuple" (Exode 5:1), le croyant, saisissant la grâce, réalise la réalité de Dieu et la vérité de son message de libération : il peut vivre dans le chemin tracé par le Créateur, se détournant résolument de l'assujettissement à la puissance de "ce qui est dans le monde" (1 Jean 2:16) pour "servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9).
 
Certes la vie avec Dieu, délivré du cadre parfois douloureux imposé par les puissants, n’est pas un parcours aisé. La foi vacille bien souvent, mais le cœur se fortifie. Tel est le chemin des Israélites dans le désert.

L’Eternel a vu la douleur du peuple et envoyé Moïse dire au Pharaon, par la bouche d’Aaron : "Laisse aller mon peuple !" (Exode 5:1). Un peuple soumis jusque là à une rude servitude, mais choisi pour porter les oracles de Dieu (Romains 3:2), et être ainsi serviteur de l’Éternel, un maître débonnaire comme l’exprime la louange de David (2 Samuel 22:36, Psaume 18:35) et le souligne la parole de Jésus (Matthieu 11:29, 21:5). Soulignons ici que le peuple n’est pas "élu" entre d’autres peuples en vertu de quelque mérite particulier, mais "choisi" selon le libre choix de Dieu, ainsi qu’il est écrit : "Ce n'est pas parce que vous étiez plus nombreux que tous les peuples, que l'Éternel s'est attaché à vous et vous a choisis ; car vous êtes le plus petit de tous les peuples…" (Deutéronome 7:7).

12  1  L'Éternel parla à Moïse et à Aaron dans le pays d'Égypte, disant : 2 Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ; il sera pour vous le premier des mois de l'année. 3 Parlez à toute l'assemblée d'Israël, disant : Au dixième jour de ce mois, vous prendrez chacun un agneau par maison de père, un agneau par maison. 4 Et si la maison est trop peu nombreuse pour un agneau, que lui et son voisin le plus rapproché de sa maison, le prennent, selon le nombre des âmes ; vous compterez pour l'agneau d'après ce que chacun peut manger.

Ce n’est pas le nouvel-an tel que célébré à l’époque – celui-ci était fêté à l’automne – et pourtant ce mois du printemps sera déclaré "le commencement des mois". Car c’est alors que commence la nouvelle vie du peuple d’Israël. Fini l’assujettissement. Un petit peuple, jusque-là écrasé, se lève et se met en marche dans le chemin tracé par l’Eternel ! Dans chaque maison des Israélites, le regard est porté sur "l’agneau", signe dont la force est ressentie par tout fils d’Abraham, car il est écrit : "Mon fils, Dieu se pourvoira de l'agneau pour l'holocauste" (Genèse 22:8). Et c’est ainsi, en considérant le don de Dieu, que le repas du départ sera célébré, la célébration de "la pâque", c’est-à-dire du "passage", car, est-il expliqué plus loin, cette nuit-là passera sur l’Egypte un jugement, source d’une grande douleur, à moins qu’un signe de foi ne soit manifeste et épargne du jugement tous ceux qui seront dans la maison. Manifestation de grâce, et signe de libération d’un joug inflexible.

 
Le repas du départ - Exode 12:5-13

La nuit du départ, avant le don de la Loi, avant même les premiers pas dans le désert, nous voyons un peuple qui se prépare à une longue route, tenant compte des plus faibles et des enfants qui seront du voyage. Il faut plusieurs jours pour aller de la terre de Goshen au pays de Canaan, la terre promise à Israël. Ils ne peuvent connaître alors l’errance au désert qui durera quarante années.
 
Ce qu’il faut remarquer avant toute autre chose, c’est qu’il n’y a pas de grand rassemblement autour de Moïse, pas de large manifestation. La célébration a lieu dans chaque maison des Israélites. Il s’agit ici avant tout d’un engagement du chef de famille, marqué par des gestes explicites, à commencer par la mise à part d’un agneau qui sera sacrifié "entre les deux soirs", entre le coucher du soleil et la nuit le plus noire. Chaque maison doit être marquée, signalée, comme pour dire à tous "nous partons", "nous nous engageons dans une nouvelle vie" ! Le linteau et les poteaux de l’entrée sont badigeonnés du sang de l’agneau, l’agneau immolé dont ils goûteront la chair rôtie au feu. Un signe d’adhésion, de confiance, de foi dans la parole de l’Éternel.

5 Vous aurez un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an ; vous le prendrez d'entre les moutons ou d'entre les chèvres ; 6 et vous le tiendrez en garde jusqu'au quatorzième jour de ce mois ; et toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs. 7 Et ils prendront de son sang, et en mettront sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte, aux maisons dans lesquelles ils le mangeront ; 8 et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain, et des herbes amères. 9 Vous n'en mangerez pas qui soit à demi cuit ou qui ait été cuit dans l'eau, mais rôti au feu : la tête, et les jambes, et l'intérieur. 10 Et vous n'en laisserez rien de reste jusqu'au matin ; et ce qui en resterait jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu. 11 Et vous le mangerez ainsi : vos reins ceints, vos sandales à vos pieds, et votre bâton en votre main ; et vous le mangerez à la hâte. C'est la pâque de l'Éternel. 12 Et je passerai par le pays d'Égypte cette nuit-là, et je frapperai tout premier-né dans le pays d'Égypte, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, et j'exercerai des jugements sur tous les dieux de l'Égypte. Je suis l'Éternel. 13 Et le sang vous sera pour signe sur les maisons où vous serez ; et je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous, et il n'y aura point de plaie à destruction au milieu de vous, quand je frapperai le pays d'Égypte.

L’agneau étant rôti, s’agira-t-il de prendre ce repas comme un festin enrichi de mets délicats. Que du contraire ! Le pain sera sans levain, et la viande sera préparée avec des herbes amères. Pas question non-plus de s’asseoir et de se congratuler comme en repas festif ! C’est debout qu’ils le prendront, prêts à partir, "les sandales aux pieds et le bâton à la main". Ce n’est pas peu de choses que ce geste ! Il fallait une conviction profonde pour quitter d’un geste une vie de servage afin de s’engager dans une marche avec l’Éternel vers un nouvel horizon. Une manifestation de foi en la parole de Dieu communiquée par ses envoyés ! La conviction qu’ils s’en vont vers un pays où ils jouiront de liberté, pourront marcher selon leur vocation, se tenir sur le chemin de Dieu. Mais avec la liberté, il y a la responsabilité…
 
En chemin, dans le désert, ils apprendront bien des choses sur eux-mêmes, ils constateront plus d’une fois qu’ils ne méritent pas ce qui leur est promis, mais toutes ces fois ils constateront la débonnaireté de Dieu… Non le laxisme, car la justice de Dieu n’est pas un vain mot, mais la bonté qui, sans jamais se départir de la justice, ne peut rencontrer d’empêchement…

 
Institution du mémorial - Exode 12:14-20

Le départ dans le chemin de la foi est d’une telle importance – il s’agit en fait d’une re-naissance, d’une nouvelle vie – qu’il faudra régulièrement repenser à ce départ. Aussi un mémorial est institué. D’année en année, il y aura lieu de se remémorer cette nuit, ces instants où, dans un geste de foi, la nouvelle vie a commencé. Et ce repas de la pâque pris dans la simplicité de la famille sera suivi d’une semaine bien particulière, ils ne mangeront durant ces jours nul pain levé, rien que du pain azyme ; c’est la "Fête des Pains sans levain", laquelle commence par un grand rassemblement et se termine pareillement, au septième jour.

14 Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête à l'Éternel ; vous le célébrerez en vos générations comme un statut perpétuel.
 
15 Pendant sept jours vous mangerez des pains sans levain : dès le premier jour, vous ôterez le levain de vos maisons ; car quiconque mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, cette âme-là sera retranchée d'Israël. 16 Et le premier jour vous aurez une sainte convocation, et le septième jour une sainte convocation ; il ne se fera aucune œuvre en ces jours-là ; seulement ce que chacun mangera, cela seul se fera par vous.
 
17 Et vous garderez la fête des pains sans levain, car en ce même jour j'ai fait sortir vos armées du pays d'Égypte ; et vous garderez ce jour-là en vos générations, comme un statut perpétuel. 18 Le premier mois, le quatorzième jour du mois, au soir, vous mangerez des pains sans levain, jusqu'au vingt et unième jour du mois, au soir. 19 Pendant sept jours il ne se trouvera point de levain dans vos maisons ; car quiconque mangera de ce qui est levé, cette âme-là sera retranchée de l'assemblée d'Israël, étranger ou Israélite de naissance. 20 Vous ne mangerez rien de levé ; dans toutes vos habitations vous mangerez des pains sans levain.

Devant la sévérité de cette injonction touchant la célébration de cette semaine, nous pourrions nous demander pourquoi ! Mais considérons la grâce de Dieu, sa bonté envers ces familles libérées. S’ils oubliaient la libération dont ils jouissent en vérité, qu’adviendrait-il d’eux ? Dans le cours des activités quotidiennes et soumis aux tracas de la vie, la foi tend à se dissoudre. Et que resterait-t-il alors, sinon l’oubli des délivrances passées, voire l’abandon de l’alliance. Et celle-ci se traduit alors par une attitude de mépris touchant le mémorial institué. Quelle importance dirions-nous de manger du pain azyme et non du pain levé pendant cette courte période de l’année ? Pour un Israélite, une telle question est déjà le chemin de l’abandon ! Car la foi, lorsqu’elle réalise les délivrances, la bonté de Dieu, ses desseins de grâce, ne se pose pas de telles questions, elle se réjouit de manifester pratiquement son attachement à l’Éternel.
Les manifestations cérémonielles étaient importantes en Israël dans son propre contexte, et ne sont pas le fait de la vie chrétienne. Mais il est deux signes majeurs qui sont essentiels : le baptême attestant de l’appartenance à une famille chrétienne, et le repas de la Cène. Ce dernier est la commémoration d’une délivrance plus grande encore que celle des Israélites quittant l’Egypte, une demande faite par le Seigneur lui-même : "Faites ceci en mémoire de moi" (Luc 22:19). Et les disciples y ont répondu en se réunissant chaque premier jour de la semaine, jour de la résurrection (Actes 20:7).
La question du levain doit être abordée. Que peut représenter de s’abstenir de la nourriture commune ainsi, pendant sept jours ? Nous lisons que, ayant quitté l’Egypte à la hâte, les Israélites n’ont pas pu attendre que le pain soit levé… Rappel de circonstance donc ? Pas seulement. Derrière ce fait, nous pouvons comprendre qu’il n’eût pas été bon de s’attarder, de prendre le temps de penser… Qu’auraient été ces pensées dans un moment aussi critique ? L’occasion d’hésitations, de mises en doute, d’étouffement du vrai mouvement de foi qui s’était manifesté !
 
La première mention du levain se trouve lors du repas préparé par Abraham au passage des trois hommes dans lesquels nous pouvons discerner une forme d’apparition de l’Éternel et des deux anges qui agirent à Sodome (Genèse 19:3). Le repas se fit sans levain. Et du levain, il ne pouvait en être présent dans les sacrifices offerts l’Éternel (Lévitique 2:4). Image donc de ce qui vient de l’homme, de l’imperfection, et même d’avantage, lorsque nous lisons la parole de l’apôtre : "Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée" (1 Corinthiens 5:7). Et voici la clé de cette célébration, image de la vie du croyant libéré pour marcher selon Dieu, délivré en vertu du sacrifice de Christ, l’agneau de Dieu.


 
La nuit du départ - Exode 12:21-28

L’enseignement étant donné, voici le moment de mettre la parole en pratique. Il s’agit d’un appel à la foi de tous les Israélites, car il en fallait pour croire à la grâce exercée pour quiconque aura reçu la parole touchant l’agneau et aura appliqué son sang à l’entrée de la maison. Le geste posé par le chef de famille, sa foi personnelle donc, est au bénéfice de tous ceux qui sont à l’abri de sa maison, alors même que sa foi pourrait n’être pas partagée par tous, et qu’elle ne pourrait être comprise par les petits enfants. Mais toutes les âmes qui sont dans la maison sont "mises à part" et engagées dans la voie qui mènera au pays "ruisselant de lait et de miel".
Nous voyons ici combien, à côté du principe que la foi est une relation personnelle avec Dieu, la famille est un principe fondamental aux yeux du Créateur. La famille toute entière est conduite hors d’Egypte en vertu de la foi du chef de famille. Nous lisons ce même principe dans les écrits de l’apôtre : "Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le frère (son mari) ; puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints." (1 Corinthiens 7:14). "Saints", entendons-nous : ce terme signifie "mis à part", il n’induit pas autre chose que l’affirmation d’une place particulière au regard de Dieu, et n’ôte en rien la responsabilité personnelle de chaque homme face à la rédemption offerte.
Le moment était venu de mettre en pratique les directives touchant le départ, et notamment la préparation du repas pascal. Un nouveau malheur devait atteindre l’Egypte, la "dixième plaie" (Exode 11) afin que soit établi que la parole de Dieu devait être entendue. Pour les Israélites, la foi manifestée par l’application du sang de l’agneau à l’entrée de la maison était l’abri de leurs familles.

21 Et Moïse appela tous les anciens d'Israël, et leur dit : Tirez à part et prenez du menu bétail selon vos familles, et égorgez la pâque. 22 Et vous prendrez un bouquet d'hysope, et vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin ; et du sang qui sera dans le bassin, vous aspergerez le linteau et les deux poteaux ; et nul d'entre vous ne sortira de la porte de sa maison, jusqu'au matin. 23 Car l'Éternel passera pour frapper les Égyptiens ; et il verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, et l'Éternel passera par-dessus la porte, et ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper.
 
24 Vous garderez cela comme un statut pour toi et pour tes enfants, à toujours. 25 Lorsque vous serez entrés dans le pays que l'Éternel vous donnera, comme il l'a dit, il arrivera que vous garderez ce service. 26 Et quand vos enfants vous diront : Que signifie pour vous ce service ? 27 il arrivera que vous direz : C'est le sacrifice de la pâque à l'Éternel, qui passa par-dessus les maisons des fils d'Israël en Égypte, lorsqu'il frappa les Égyptiens et qu'il préserva nos maisons. Et le peuple s'inclina, et ils se prosternèrent.
 
28 Et les fils d'Israël s'en allèrent, et firent comme l'Éternel l'avait commandé à Moïse et à Aaron ; ils firent ainsi.

Ce jour était exceptionnel. Les Israélites en avaient fini d’être des serfs taillables et corvéables à merci. Ils allaient entreprendre une nouvelle vie, en lien avec l’Éternel, le Créateur des cieux et de la terre, une vie "d’hommes debout". Ils ne passaient pas d’un esclavage à un autre, d’un assujettissement à un nouveau, mais entraient dans la vraie vie, celle que Dieu a voulue pour l’homme. Ils étaient appelés à saisir "ce qui est vraiment la vie" (1 Timothée 6:19). Et la commémoration de ce départ fournissait aux chefs de famille l’occasion de répondre aux questions de leurs enfants, et leur rappeler d’année en année quelle est leur propre vocation…
 
Cette nuit, dès que l’agneau fut immolé et le sang appliqué à l’entrée de la maison, le repas fut rapide, pris à la hâte en tenue de voyage… Expression de détermination qui ne laisse pas le temps aux doutes, aux mises en question. Ils laissaient derrière eux la richesse de l’Egypte, mais aussi leur propre assujettissement…
 
Comment ne pas lire ici ce qui est le fait du départ dans la vie de foi de tout homme dont les yeux se sont ouverts aux réalités éternelles, dont la vie est transformée ? Et cela ne peut que se constater… "Car eux-mêmes racontent de nous quelle entrée nous avons eue auprès de vous, et comment vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient" (1 Thessaloniciens 1:9-10).

 
Célébrations relevées dans la Bible hébraïque

Lors de la sortie d’Egypte, la foi des Israélites dans la parole prononcée par Moïse s’est exprimée, et c’est un peuple "debout", délivré déjà dans son esprit de l’assujettissement, qui se préparait au départ en prenant le repas de la Pâque. Une image très forte des premiers pas dans la foi, pour quiconque se tourne vers Dieu "pour servir le Dieu vivant et vrai" (1 Thessaloniciens 1:9).
 
Ce n’est pas sans raison qu’il fut demandé aux Israélites de répéter d’année en année "le repas pascal", célébrant ainsi en famille ce mémorial au cours duquel chacun était conduit à repenser son appel et induire des questions aux plus jeunes. Et après le repas pris dans la soirée – le commencement du jour selon la lecture biblique, "il y eût soir, il y eût mâtin" (Genèse 1:5) – lorsque le jour paraît, vient une grande célébration pour le peuple tout entier. C’est la "Fête des Pains sans levain" qui s’étend sur sept jours. Au septième jour, vient en clôture une nouvelle invitation à une cérémonie publique (Lévitique 23:5-7, Nombres 28:16-25).
 
Le texte biblique a retenu quelques célébrations particulières de cette fête annuelle.
Au désert de Sinaï, après le don de la Loi (Nombres 9:1-14)
Un an après la sortie d’Egypte, le peuple célèbre la Pâque et les Pains sans levain autour du Tabernacle. Deux dispositions importantes sont mentionnées. D’une part, les Israélites doivent recevoir les étrangers qui souhaitent célébrer la Pâque, et d’autre part, ceux qui ne pourraient célébrer la Pâque au premier mois sont appelés à le faire au second mois.
A l’entrée en Canaan, à Guilgal (Josué 5:10-12). Pour la première fois, le pain sans levain fut préparé avec du blé du pays. La manne cessa dès lors. C’est une nouvelle étape de la vie...
Sous Ezéchias (2 Chroniques 30).
Alors que le royaume du nord est en plein marasme politique et spirituel, Ezéchias, roi de Juda, appelle tous les Israélites à célébrer la Pâque. Les prêtres n’étant pas en mesure de célébrer la Pâque au premier mois, la fête est organisée au deuxième mois. Des messagers sont envoyés dans tout le pays, et notamment au nord où ils sont mal reçus. Mais des Israélites de toutes les tribus se rassemblèrent à Jérusalem pour la célébration ; il y eût une grande joie lors de ce réveil spirituel.
Sous Josias(2 Rois 23, 2 Chroniques 35:1-19)
Alors que le Temple était fermé, signe d’une ruine spirituelle gravissime, un jeune roi se lève, engage des travaux de restauration et fait reprendre le service sacerdotal. Le Livre de la Loi est alors retrouvé ! C’est dire l’état spirituel du peuple. Mais la fidélité et le dynamisme de ce jeune roi conduit à un nouveau réveil spirituel. La Pâque est célébrée avec joie. Un dernier sursaut de la foi avant le déclin que pleura le prophète Jérémie avec tous les fidèles.
Au retour de Babylone (Esdras 6:19-22)
Rebâtir le Temple n’a pas été œuvre aisée. Non tant par l’importance de la tâche, mais du fait de l’opposition, des pressions venant des notables non-Israélites de la contrée. Mais les prophètes Aggée et Zacharie ont ranimé la foi. Les travaux abandonnés pendant des années ont abouti et le Second Temple a été inauguré une vingtaine d’années après la sortie de Babylone. La Pâque est alors célébrée avec joie ; l’expression d’une vraie renaissance.

 
Célébration avant la Passion du Christ - Luc 22:14-46

La nuit précédant la crucifixion (Mat.26:17-25, Marc 14:12-21, Luc 22:7-20, Jean 13:31-14:31), Jésus prend le repas de la Pâque avec ses disciples. Un repas d’une exceptionnelle importance comme nous le lisons à ces mots : "J’ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre". La sortie d’Egypte, la mise à l’abri de la puissance du Pharaon… cette délivrance est signe d’une autre libération, non d’une puissance humaine, mais de l’emprise de ce qui éloigne de Dieu. Ainsi ce moment est essentiel, car il conduit de la figure annonciatrice à l’accomplissement de l’œuvre de rédemption

 
La coupe qui clôture le repas pascal – Luc 22:14-18

Jésus "reçoit" une coupe, la dernière du repas, celle qui le clôture. Il l’accepte et évoque le royaume de Dieu qui doit venir avant de la faire circuler de mains en mains afin que chacun des convives y prennent part. Nous voyons ici une coutume bien établie, la dernière coupe du repas de la Pâque est un geste de communion et d’espérance, ou mieux un signe de communion dans l’espérance.

14 Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, et les douze apôtres avec lui. 15 Et il leur dit : J'ai fort désiré de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre ; 16 car je vous dis que je n'en mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : Prenez ceci et le distribuez entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.

Par les paroles prononcées, le Seigneur a fait état de la restauration d’Israël, selon la promesse maintes fois rappelées par les prophètes, une promesse qui sera confirmée encore par les apôtres et notamment par Jean, lorsqu’il rendra compte de ce qui lui fut révélé : "Le royaume du monde de notre Seigneur et de son Christ est venu, et il régnera aux siècles des siècles" (Apocalypse 11:15, voir aussi 12:10). Par cette coupe passée de main en main, le repas de la Pâque s’est achevé.

 
La deuxième coupe – Luc 22:20

Ensuite vient un geste distinct, nouveau. Nouveau, car il est hors de toute tradition. Ici, Jésus prend l’initiative et, dans ce geste, institue un autre repas composé d’un seul pain partagé entre tous et d’une coupe qui passe de main en main, un geste simple de mémorial.

19 Puis il prit du pain; après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 20 Il fit de même avec la coupe, après le souper, en disant : Cette coupe est la alliance nouvelle en mon sang, qui est répandu pour vous.

Jésus dit "Ceci est mon corps" et ensuite "Ceci est mon sang". Soulignons la simplicité du geste. Paul, dans la nécessité d’en écrire aux Corinthiens (1 Corinthiens 11:16,20-26), confirme cette sobriété du geste et des paroles, montrant ainsi comment était reçu et mis en pratique le repas du mémorial de la mort de Jésus, ce dont les Actes des apôtres rendent aussi témoignage, lorsqu’il est écrit : "Et le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain…" (Actes 20:7). Et Paul atteste qu’n prenant part à la Cène, le croyant prenait bien une portion de pain (1 Corinthiens 11:26). Lorsque le Seigneur est au milieu de ses disciples, et qu’il dit "Ceci est mon corps, mon sang", nul ne pouvait se méprendre ; il y avait là, devant eux, d’un côté Jésus en personne et de l’autre ce qui allait être le symbole de son corps dans lequel il allait souffrir, et le symbole de sa vie donnée pour prix de notre rédemption, le prix de l’alliance nouvelle, car "le sang c’est la vie" (Genèse 9:4). "Christ étant venu… est entré une fois pour toutes dans les lieux saints avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle" (Hébreux 9:11-12).

 
Une troisième coupe – Luc 22:39-46

Après le repas de la Pâque, prise une dernière fois avant que ne vienne le règne du Messie, et après l’institution de la Cène, repas de mémorial de la rédemption pour les croyants aujourd’hui, vient une troisième coupe, la part exclusive de Jésus. Cette coupe est le jugement divin qu’Il allait endurer en sacrifice expiatoire.

39 Et sortant, il s'en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit : Priez que vous n'entriez pas en tentation. 41 Et il s'éloigna d'eux lui-même environ d'un jet de pierre, et s'étant mis à genoux, il priait, 42 disant : Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi ! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans l'angoisse du combat, il priait plus instamment ; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s'étant levé de sa prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis de tristesse ; 46 et il leur dit : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, et priez afin que vous n'entriez pas en tentation.

L’heure, cette heure connue du Seigneur, était venue. Un mystère est près d’être révélé, à savoir comment Dieu, saint et juste, pourra résoudre l’énigme de la grâce annoncée par les prophètes : c’est dans le respect de sa sainteté et de sa justice qui les fautes des hommes peuvent être effacées (Ésaïe 1:18, Michée 7:9). Celui dont Dieu s’est pourvu avant que l’homme ait été créé (1 Pierre 1:19-20), celui qui est annoncé dans le sacrifice offert par Abraham (Genèse 22:8) et évoqué par tous les sacrifices offerts (Hébreux 10:4,8), a reçu la coupe du jugement (Ésaïe 53:5).
 
Il est "l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde !" (Jean 1:29), celui qui est annoncé par le sacrifice offert par les Israélites, chacun dans sa maison, lors du repas de la Pâque. "Un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an… toute la congrégation de l'assemblée d'Israël l'égorgera entre les deux soirs… et ils en mangeront la chair cette nuit-là ; ils la mangeront rôtie au feu, avec des pains sans levain

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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