24/12/2011

La Nativité (1/8)


 

LA NATIVITE
Le fils de l'homme est venu chercher
et sauver ceux qui étaient perdus

Luc 19:10

Luc s’est "informé de tout depuis les origines", ce qui le fait remonter à l’annonce de la naissance de Jean le baptiseur, et l’annonce de celle de Jésus. Deux événements qui se lient directement aux paroles du prophète Malachie, quoique Luc n’y fasse par référence, vu qu’il parle à un homme des nations dont on ne peut imaginer qu’il soit familier des Écritures.
 
Nous y trouvons d’emblée le cadre très chaleureux des fidèles qui attendent la venue du Messie, ceux qui "se parlent l’un à l’autre" et dont le Seigneur Dieu a fait son "trésor particulier" (Malachie 3:16-17). Et ces personnes de conditions et de lieu d’habitation divers sont véritablement sous le regard de Dieu, c’est parmi elles que le plan divin se manifestera, selon qu’il est écrit : "Le Seigneur que vous cherchez viendra soudain à son temple, l’ange de l’alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l’Éternel des armées" (Malachie 3:1). Il vient ! affirmait le prophète. Et c’est parmi ceux qui attendaient vraiment cette venue que s’accomplit le plan divin, car l’Éternel n’a-t-il pas dit : "ceux qui m'honorent, je les honorerai" (1 Samuel 2:30) ?
 
En ce temps de grande prospérité, Hérode 1er le Grand (37-4 av. notre ère), ami de Rome, y pratiquait une politique de grandeur, de splendeur et de paix, craint mais respecté des six à sept millions de Juifs de Palestine. Mégalomane, le plus grand bâtisseur de l’histoire juive, mais aussi meurtrier même dans sa propre famille… Hérode chercha à se faire une légitimité en épousant une princesse hasmonéenne, une juive donc, descendante de la famille des Maccabée, mais dans sa maladie de pouvoir, il alla jusqu’à jalouser des propres fils au point d’en faire mettre à mort, et mettre à mort même son épouse… L’attachement du peuple, il l’obtient en flattant l’orgueil national, présidant notamment à l’extension du modeste "Second Temple", construit lors du retour d’exil, pour en faire un édifice imposant en dimensions et en richesse, érigé sur une terrasse de 12 000 m2. Un sujet de fierté pour la nation juive.
 
Mais l’œuvre de Dieu s’accomplit dans de modestes familles, là où les gloires du monde n’ont pas cours, mais où prévaut la confiance en Dieu et l’attachement à sa Parole.

 

 
Visites de l'ange, et naissance de Jean
Luc 1:5-80

Deux annonces, l’une au temple faite à un simple prêtre lors de l’exercice de sa fonction, et l’autre dans une modeste bourgade de Galilée. Des personnes humbles marchant, comme nous le dirions, "avec le Seigneur Dieu".

 
L’annonce à Zacharie – 1:5-25

Zacharie exerce donc sa tâche de prêtre. Il est de la classe d’Abia, la huitième des vingt-quatre classes organisées au temps de David pour que soit assurée tout au long de l’année la fonction sacerdotal, chaque classe étant assignée au service à Jérusalem pendant une période déterminée avant de s’en retourner en son village, relayée par les prêtes de la classe suivante. Le service journalier consistait notamment à "faire fumer l'encens des drogues odoriférantes chaque matin, en nettoyant les lampes à huile du chandelier» (Exode 30:7). Zacharie ainsis que son épouse étaient de la descendance d’Aaron, nés sans doute dans des familles pieuses, comme nous le donne à penser leur nom, Zacharie ou "L’Eternel s’est souvenu" et Elisabeth ou "Serment de Dieu". Et s’ils connaissaient la souffrance de n’avoir pas d’enfant, ils s’en étaient remis à Dieu et le servaient fidèlement.

5 Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y avait un certain prêtre nommé Zacharie, de la classe d’Abia ; et sa femme était des filles d’Aaron, et son nom était Élisabeth. 6 Et ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du Seigneur, sans reproche. 7 Et ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile. Et ils étaient tous deux fort avancés en âge.
 
8 Or, pendant qu’il exerçait la sacrificature devant Dieu dans l’ordre de sa classe selon la coutume de la sacrificature, 9 le sort lui échut d’offrir le parfum en entrant dans le temple du Seigneur. 10 Et toute la multitude du peuple était dehors, en prière, à l’heure du parfum. 11 Alors un ange du Seigneur lui apparut, debout, à droite de l’autel du parfum. 12 Et Zacharie, le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit. 13 Mais l’ange lui dit : Ne crains pas, Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées, et ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jean. 14 Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, 15 car il sera grand devant le Seigneur, il ne boira ni vin ni cervoise et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère. 16 Et il ramènera beaucoup de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu. 17 Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour faire retourner les cœurs des pères vers les enfants, et les désobéissants à la pensée des justes, pour préparer au Seigneur un peuple bien disposé.
 
18 Zacharie dit à l’ange : Comment connaîtrai-je cela ? car moi, je suis un vieillard, et ma femme est fort avancée en âge. 19 Et l’ange, répondant, lui dit : Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer ces bonnes nouvelles. 20 Et voici, tu seras muet et tu ne pourras point parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru mes paroles qui s’accompliront en leur temps.
 
21 Et le peuple attendait Zacharie ; et ils s’étonnaient de ce qu’il tardait tant dans le temple. 22 Et quand il fut sorti, il ne pouvait pas leur parler : et ils reconnurent qu’il avait vu une vision dans le temple ; et lui-même leur faisait des signes, et il demeura muet. 23 Et il arriva que, quand les jours de son ministère furent accomplis, il s’en alla dans sa maison.
 
24 Quelques temps après, Élisabeth, sa femme, fut enceinte. Elle se cacha cinq mois, disant : 25 Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi au temps où il m’a regardée pour ôter mon opprobre parmi les hommes.

  • Le modeste temple a été transformé en un édifice imposant, fruit de la mégalomanie d’un roi impie. Que penser de ce service sacerdotal qui se poursuit néanmoins selon les préceptes de la loi, et de la ferveur de nombre d’Israélites venus au temple à l’heure du service ? Deut.4:29, 2 Chr.15:4, Psaumes 14:2,69:32.
  • Luc ne cite pas le prophète Malachie, car il parle à un homme des nations, mais ne voyons-nous pas l’accomplissement de la parole prononcée quatre siècles plus tôt ? Malachie 4.
  • Que veut dire ce passage touchant "le cœur des pères se tournant vers leurs enfants, et le cœur des désobéissants tournés vers la pensée des justes ? Comparer Malachie 4:6.
  • De quelle nature fut la joie éprouvée par les parents de Jean le baptiseur ? Que penser du but auquel ils consacrèrent leur vie ?
L’attente de Zacharie et d’Elisabeth n’était-elle pas cette venue annoncée du Messie qui doit accomplir le plan divin et amener le règne de justice et de paix annoncé ? Certes, lorsque nous considérons la vie de Jean le Baptiseur, nous pouvons bien nous interroger sur la source de joie et d’allégresse pour ses parents ! Mais, en vérité, quel bonheur d’avoir un fils, ce fils tant espéré et qu’ils n’espéraient plus, en un fils qui marche avec Dieu ! Sa voie fut semblable à celle d’un Jérémie, dans la souffrance, mais les parents ont vu leur fils "marcher avec Dieu", allant dans l’esprit et la puissance d’Élie. L’esprit d’Élie, c’est une volonté gouvernée par Dieu pour appeler à un retour à l’Eternel. Et si nous ne voyons pas, dans sa vie d’actes de puissance, comme le feu descendant du ciel, ses appels ont été entendus tandis que lui restait dans les lieux déserts ; on allait à lui pour exprimer la repentance. "Les cœurs des pères vers les enfants !" Les pères, endormis dans le Seigneur, se retrouvaient alors dans les enfants repentants, sésireux de marcher dans les voies de l’Alliance…
 
Et il arriva, quand les jours de son ministère furent accomplis, que Zacharie s’en alla dans sa maison. L’extraordinaire de la révélation de l’ange ne le fait pas courir à la maison, ou faire quelque grande annonce, il achève simplement sa période de service… Il n’y a pas d’excitation, mais le calme d’un homme ayant mis sa confiance en Dieu.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

23/12/2011

La Nativité (2/8)


 

L’annonce à Marie – 1:26-38

Dans une bourgade de Galilée, une jeune fille, fiancée à un homme juste, reçoit la visite de l’ange Gabriel. Et à la parole de l’ange elle se demande en quoi elle jouit d’une faveur particulière... C’est le libre choix du Créateur qui accomplit en elle son propos annoncé par le prophète Ésaïe: La jeune fille est enceinte, elle mettra au monde un fils et l'appellera du nom d'Emmanuel (Ésaïe 7:14), nom signifiant "Dieu est avec nous". Qui pourrait dire que cela serait impossible à Dieu, le Créateur ? Nous pourrions nous arrêter sur le mystère de la naissance de Jésus, souligner que Marie "ne connaissait pas d’homme". Mais c’est ici du domaine de la foi, simplement. Nous pouvons aussi, et c’est bien à propos, regarder à l’état d’esprit de Marie, tel qu’il nous est décrit par Luc dans ces dialogues où nul ne fut présent que Marie et l’ange, et plus loin la visite de Marie à Elisabeth.

26 Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée nommée Nazareth, 27 à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David ; le nom de la vierge était Marie. 28 L’ange étant entré chez elle lui dit : Je te salue, toi qui jouit d’une grande faveur ; le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes. 29 Et elle, le voyant, fut troublée à sa parole, et elle raisonnait en elle-même sur ce que pourrait être cette salutation. 30 L’ange lui dit : Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Tu seras enceinte et tu mettras au monde un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus. 32 Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. 33 Il régnera sur la maison de Jacob à toujours, il n’y aura pas de fin à son royaume.
 
34 Marie dit à l’ange : Comment cela se produira-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? 35 Et l’ange, répondant, lui dit : L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi aussi l’enfant qui naîtra sera appelée Fils de Dieu. 36 Élisabeth ta parente, a elle aussi conçu un fils, dans sa vieillesse ; celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois, 37 car rien n’est impossible à Dieu. 38 Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole. Et l’ange se retira d’auprès d’elle.

  • Par quels mots traduirions-nous l’état d’esprit de Marie, une jeune fille appelée à un tel destin ? Mettre en parallèle 1 Samuel 3:10
  • Marie peut-elle comprendre aux mots qui lui sont dits la place qu’elle occupe dans l’accomplissement des promesses ? Ésaïe 9:6, Zacharie 9:9, Malachie 3:1, Psaume 110...
Annonce d’une naissance hors des lois de la nature, ces lois établies par Celui qui a créé les cieux et la terre. Sans doute cela paraît étrange lorsque la question est posée en termes de raison, mais la réponse relève de la foi en la toute puissance du Créateur. Un Israélite de ce temps là, nourri des Ecritures, était averti de cette venue au monde d’une manière étrange et merveilleuse (Ésaïe 7:15) qui était le motif d’une louange exceptionnelle : "Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix" (Ésaïe 9:6).
 
Et la jeune fille choisie pour être la mère de cet enfant, le Messie, s’incline devant Dieu, et accepte d’être ainsi engagée dans un service qui la dépasse, disant simplement : "Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole." Une faveur, mais aussi une source de douleurs qui lui sera dite quelques mois plus tard, lors de la présentation de l’enfant au temple : "et même une épée transpercera ta propre âme" (Luc 2:35). Mais Marie ne pouvait-elle pas le pressentir, alors que les souffrances du Messie étaient annoncées par les prophètes (Michée 4:14, Ésaïe 53, Zacharie 13:6-7, Daniel 9:26…) et chantées dans les Psaumes (22, 69…) ?
 
Voyons enfin la modestie de la jeune fille. Aucune proclamation, et même un départ précipité pour s’en aller auprès de celle dont l’ange a parlé, sa cousine Elisabeth.

 

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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

22/12/2011

La Nativité (3/8)


 

Visite de Marie à Elisabeth – 1:39-56

Voici des siècles qu’un peuple attend Celui qui doit apporter la justice et la paix pour Israël et pour la terre tout entière! Et lorsque l’événement est près de se manifester, c’est dans une modeste maison de Judée que le mystère est connu et partagé. Une scène parmi les plus étranges qui soient dans le cours de l’humanité ; accomplie dans une modeste bourgade alors que règne un des souverains les plus puissants que ce petit peuple de Judée ait connu...
 
Relevons la piété qui règne dans cette maison, et la discrétion de ces deux femmes qui se parlent... La bonne nouvelle que chacune porte en elle est le sujet de leur conversation, mais sans proclamation, sans aucune annonce, dans une simplicité et une ferveur bouleversantes. A peine Marie a-t-elle salué qu’Élisabeth réalise le mouvement de l’enfant qu’elle porte en elle.

39 En ces jours-là, Marie partit en hâte au pays des montagnes, et se rendit dans une ville de Juda. 40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. 41 Dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, le petit enfant tressaillit dans son ventre. Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint 42 et s’écria à haute voix :
 
Tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre !
43 Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne vers moi ? 44 Car voici, dès que la voix de ta salutation a retenti à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon ventre. Bienheureuse celle qui a cru, car ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira.

  • Qu’apporte à un homme la foi en Dieu, le fait de croire à sa parole ? (vers.45).
  • Mais est-ce ce qu’attendent communément les humains ? Pensons à la vie de Marie, et à la parole que lui dit un certain Simon quelques jours après la naissance de Jésus (Luc 2:35).
La modestie d’Elisabeth ne peut que nous interpeller. Elle aussi a reçu une grâce toute particulière, elle est personnellement engagée par le Seigneur dans l’accomplissement du plan rédempteur, mais s’incline devant sa jeune cousine, touchée par cette visite impromptue.
 
Le Magnificat – 1:46-55
 
A la lecture de l’action de grâces prononcée par Marie, nous prenons conscience de la foi qui étaient sienne, attendant effectivement le Messie, et dès avant l’annonce qui lui fut faite, de son désir profond d’être la "servante du Seigneur" dès que l’annonce lui fut faite (vers.38). Nous avons à nous arrêter tant sur ce que Marie dit quant à elle-même que sur la bénédiction qui vient au monde par cet enfant qu’elle porte en elle.

46 Et Marie dit :
Mon âme magnifie le Seigneur,
47 et mon esprit est transporté d’allégresse en Dieu mon Sauveur, 48 car il a regardé l’humble état de sa servante. Désormais toutes les générations me diront bienheureuse, 49 car le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint, 50 et sa miséricorde s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent.
51 Il a déployé le pouvoir de son bras ; il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur ; 52 il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les petits ; 53 il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide.
54 Il a pris la cause d’Israël, son serviteur, et s’est souvenu de sa miséricorde, 55 selon qu’il avait parlé à nos pères, envers Abraham et envers sa descendance, à toujours.
56 Et Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois ; puis elle s’en retourna en sa maison.

  • Marie devait-elle être elle-même sauvée par la miséricorde de Dieu ?
  • Voyons comment elle passe de sa propre bénédiction, sans s’y arrêter vraiment, pour poursuivre par l’exaltation de la miséricorde divine qui est prête à être manifestée.
  • Sur quoi repose la bénédiction spirituelle évoquée par Marie ? Deut.31:12 ; Psaumes 25:14, 33:18, 115:13, 147:11 ; Malachie 3:16.
  • Marie n’est-elle pas dans la juste ligne des prophètes d’Israël en évoquant les petits, les humbles de son peuple, et nous pourrions dire "des peuples" ? Voir Zacharie 11:7,11, 13:7.
"Bienheureux celui qui croit !" Une jeune fille de Nazareth nous montre le chemin d’un bonheur qui n’est pas recherché communément par les hommes ! Surprenante et merveilleuse intelligence de cette jeune fille ! Elle a conscience de faire partie de ceux dont parle le prophète, lorsqu’il dit: "les pauvres du troupeau, qui prenaient garde à moi, connurent ainsi que c’était la parole de l’Éternel" (Zach.11:11). Par cette jeune fille pieuse, nous recevons un modèle de foi, de confiance en Dieu. Et non seulement de foi, mais aussi d’attachement à la Parole de Dieu. Il paraît clair qu’elle appuie sa louange sur cette parole, faisant état d’Israël, "serviteur de l’Éternel" (Ésaïe 41:8), soulignant que la naissance qu’elle attend souligne ce "souvenir de la miséricorde" (Psaume 25:6, Habacuc 3:2). Il faut lire ces pages de la Bible qui ont animé la foi des Juifs sortis de Babylone pour rebâtir ce qui avait été conduit à la ruine, et préparer un peuple à recevoir le Messie promis dès les temps anciens (Esaïe 42:19, 44:1-2,21,26, 45:4, 49:3) ; ces pages donnent le fondement de la patience d’un peuple qui attend son Sauveur, ce qui fut maintenu par ces quelques uns qui se parlaient l’un à l’autre tout au long des siècles qui suivirent (Malachie 3:16-17).

 

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21/12/2011

La Nativité (5/8)


 

Naissance et enfance de Jésus
Luc 21-52

La naissance du Sauveur, celle qui éclipse toute autre en gloire, est présentée avec une sobriété absolue, depuis l’étable où l’enfant est placé dans la crèche, jusqu’à sa présentation au temple au huitième jour, en passant par l’hommage d’humbles bergers. Nous sommes aux antipodes de la pratique du monde, et devant un triptyque – la naissance, l’hommage des bergers et la présentation au temple – qui dépasse en beauté ce que l’homme peut imaginer. Ceux dont Dieu a parlé par le prophète Malachie, ces quelques uns qui se parlaient les uns aux autres dans la foi, sont manifestés ici comme le "trésor particulier de l’Éternel" (Malachie 3:17) ; Ce sont des hommes et des femmes qui ne firent d’eux-mêmes rien de grandiose, mais qui vivaient par la foi, des "justes" (Habacuc 2:4, Romains 1:17, Galates 3:11, Hébreux 10:38), qui se trouvèrent prêts pour rendre gloire à Dieu en relation avec cet événement qu’ils attendaient avec patience, avec confiance dans la parole prononcée par les prophètes.

 
Naissance de Jésus – 2:1-7

Un décret mobilise toute la population, l’ordre donné à Rome de procéder au recensement de tous les habitants de l’empire. Joseph prend avec lui Marie, sa fiancée, pour s’en aller à Bethléem, un voyage d’une centaine de kilomètres pour être enregistré au lieu d’où sa famille est originaire. Et si ce trajet fut inutile du point de vue politique, car le recensement finalement n’a pas eu lieu – il se fera une dizaine d’années plus tard, sous la férule d’un nouveau gouverneur – ce déplacement entrait dans le plan divin, selon qu’il est écrit : "Et toi, Bethléem Éphrata, bien que tu sois petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit dominer en Israël, et duquel les origines ont été d'ancienneté, dès les jours d'éternité" (Michée 5:2).

2  1 En ces jours-là parut un décret de César Auguste portant sur un recensement de toute la terre habitée. 2 Ce premier recensement ne se fit toutefois que lorsque Quirinius eut le gouvernement de la Syrie. 3 Tous allaient pour être enregistrés, chacun en sa propre ville. 4 Et Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 afin de se faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, laquelle était enceinte.
 
6 Pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait accoucher arriva ; 7 et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et l’installa dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

  • Un décret de recensement pour l’empire, la soumission de Joseph qui prend la route avec Marie, et les empêchements à l’accomplissement du recensement… Que penser de ces faits ?
  • Pas de place dans l’hôtellerie ! Quelles réflexions cela peut-il susciter ? Lire notamment Jean 1:11.
Le décret, les aléas, les décisions d’hommes… Et c’est à Bethléem que la naissance intervient, selon la parole de Michée six siècles plus tôt (Michée 5:2). Mais Joseph est un charpentier, un homme modeste, et sans doute l’hôtellerie reçoit en priorité des personnes plus importantes. Ces quelques mots, une seule phrase, ne nous fait-elle pas ressentir l’acceptation paisible des circonstances ? Et cela permettra aux humbles bergers de venir à l’étable rendre hommage au petit enfant. Dès sa venue au monde, le Seigneur est ainsi au milieu des plus humbles des hommes ! A méditer.

 

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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

La Nativité (4/8)


 

Naissance de Jean le baptiseur – 1:57-79

Les voisins se réjouissent avec Elisabeth et Zacharie, car une naissance après tant d’années d’attente est ressentie comme une réelle bénédiction. Mais peuvent-ils connaître le destin du petit enfant ? Il est manifeste que ni Elisabeth, ni Zacharie, pourtant revenu muet de son service au temple neuf mois plus tôt, n’avaient parlé de la vision au temple et de l’accomplissement qu’ils vivaient, ayant reçu cet enfant. C’est un prophète qui était né, mais qui pouvait le savoir sans que Zacharie en parlât !

57 Le temps où Élisabeth devait accoucher arriva, et elle mit au monde un fils. 58 Ses voisins et les gens de sa parenté apprirent que le Seigneur avait magnifié sa miséricorde envers elle, et ils se réjouirent avec elle.
 
59 Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire le petit enfant, et ils allaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. 60 Mais sa mère dit : Non, il sera appelé Jean. 61 Et ils lui dirent : Il n’y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom. 62 Et ils firent signe à son père pour savoir comment il voulait qu’il fût appelé. 63 Zacharie demanda une tablette et il écrivit : Jean est son nom. 64 Et tous s’en étonnèrent. A l’instant même sa bouche fut ouverte et sa langue déliée, et il parlait, louant Dieu. 65 Tous leurs voisins furent saisis de crainte ; et on s’entretenait de toutes ces choses par tout le pays des montagnes de Judée. 66 Tous ceux qui en entendaient parler mirent ces choses en leur cœur disant : Que sera donc cet enfant ? Car la main du Seigneur était avec lui.

  • Qu’est-ce qui fit que les voisins, et plus largement les gens du haut pays de Judée, se mirent ainsi à réfléchir, "mettant ces choses en leur cœur", se demandant ce que serait cet enfant ?
Il est ainsi manifeste que des faits étranges se passent dans cette maison, et Luc ajoute que "la main du Seigneur était avec l’enfant". Le nom même de Jean n’est pas sans signification, car ce nom hébreu "Yohànan" signifie "Dieu est miséricorde". Et tous ceux qui entendirent ces choses les mirent dans leur cœur, disant : "Que sera donc cet enfant ?" Car ils étaient saisis d’une réalité transcendante au point de les garder en son cœur, c’est-à-dire les tenir à l’esprit comme une réalité qui leur sera devenue très chère…
 
La louange de Zacharie – 1:67-79
 
Le père, ayant recouvré l’usage de la parole, éclaire alors les voisins quant aux circonstances qui les ont plongés dans l’expectative. L’enfant étant né, c’est comme si le plan de Dieu était déjà accompli, car les annonces des prophètes commencencent à se manifester. Jusqu’alors le temps a coulé dans l’attente, mais maintenant ces événements promis sont en passe de se manifester, le premier pas de cet accomplissement est arrivé, attestant que le Dieu d’Israël a dores et déjà "visité et sauvé" son peuple. Zacharie exprime la louange ayant cette joie au cœur de voir poindre l’accomplissement des promesses faites à Israël ; et ensuite, considérant son fils, il annonce ce que sera sa vie.

67 Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et prophétisa, disant :
 
68 Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvé son peuple 69 et nous a suscité une corne de délivrance dans la maison de David son serviteur, 70 selon ce qu’il avait dit par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois ; 71 une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent.
 
72 C’est ainsi qu’il montre sa miséricorde envers nos pères et qu’il se souvient de sa sainte alliance, 73 selon le serment qu’il a juré à Abraham notre père de nous accorder, 74 étant libérés de la main de nos ennemis, et de le servir sans crainte 75 en sainteté et en justice devant lui tout au long de nos jours.
 
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-haut, car tu iras devant le Seigneur pour préparer ses voies, 77 pour donner à son peuple la connaissance du salut, pour la rémission de leurs péchés, 78 par les tendres compassions de notre Dieu.
 
C’est par elles que l’Orient d’en haut nous a visités
79 pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix.

  • Quel est le bonheur dans la vie, pour des croyants tel Zacharie ? Vers.74-75. Comparer Michée 4:4, 6:8, Zacharie 3:10
  • Et dans quel milieu vivent-ils pour que Zacharie parle ainsi de délivrance ? Comp. Osée 12:8, Amos 8:5, Michée 6:11.
  • Qu’est-ce que cet "Orient d’en-haut" qui est en passe de paraître ? Voir Ésaïe 9:2, Amos 5:8, Jean 1:5.
Il y a de la joie et de la reconnaissance en Zacharie, tandis qu’il prononce ces paroles prophétiques évoquant le temps de l’apparition du Fils de David, ce temps attendu par les petits qui attendaient la venue du Messie. La joie de la délivrance est ici celle de pouvoir servir Dieu sans crainte, en sainteté et en justice. Et cette paix est apportée lorsque la lumière paraît – l’Orient d’en haut, le jour qui paraît, un jour marqué par la Lumière venant de Dieu (Genèse 1:3, Jean 1:5). La lumière touchant ceux qui sont dans les ténèbres, les pas conduits dans un chemin de paix… C’est là l’expression de la délivrance du chrétien, ce qui est expérimentalement décrit par ces mots du psalmiste : "Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me mène à des eaux paisibles. Il restaure mon âme ; il me conduit dans des sentiers de justice, à cause de son nom" (Psaume 23). Voilà donc ce qui remplit le cœur de Zacharie, un homme qui a mis sa confiance en Dieu et le sert, attendant ce temps qu’il voit poindre, contemplant la naissance de son fils Jean et l’apparition prochaine du Messie…

 

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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

19/12/2011

La Nativité (6/8)


 

Hommage des bergers – 2:8-20
Mat.2:1-15

Un mystère, certes, mais l’accomplissement de l’attente d’Israël, car dès ce jour, Emmanuel a paru en ce monde (Ésaïe 7:14), et son regard se pose avant tout sur les pauvres, les humbles (Zacharie 11:7-11). Des bergers gardant leur troupeau sont saisis par les signes exceptionnels qui accompagnent l’apparition d’un ange, et ils entendent le chœur céleste. Hommes simples et confiants en Dieu, ils s’en allèrent à Bethléem, ayant reçu le message entendu, cette grande nouvelle répondant à l’annonce du prophète : "Tu as multiplié la nation, tu lui as accru la joie… Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné…" (Ésaïe 9:3,6).

8 Et il y avait dans la même contrée des bergers demeurant aux champs, et gardant leur troupeau durant les veilles de la nuit. 9 Et voici, un ange du Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux ; et ils furent saisis d’une fort grande peur. 10 Et l’ange leur dit : N’ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie qui sera pour tout le peuple ; 11 car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci en est le signe pour vous, c’est que vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu, et disant :
 
14 Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes !
 
15 Et il arriva, lorsque les anges s’en furent allés d’avec eux au ciel, que les bergers dirent entre eux : Allons donc jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. 16 Et ils allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. 17 Et l’ayant vu, ils divulguèrent la parole qui leur avait été dite touchant ce petit enfant. 18 Tous ceux qui les entendirent s’étonnèrent de ce que disaient les bergers. 19 Et Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son cœur. 20 Quant aux bergers, ils s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon qu’il leur en avait été parlé.

  • L’apparition d’anges est un fait auréolé de mystère, mais est-ce plus que d’autres mystères, à commencer par la nativité ? Voir aussi 2 Rois 6:17 et Hébreux 1:14.
  • Pourquoi Bethléem est-elle appelée la ville de David ? Voyons la généalogie de David. Ruth 4:9-11,21-22, 1 Sam.17:12.
  • Si nous comprenons intuitivement l’expression "les lieux très hauts", d’où vient-elle ? Psaume 148:1, Job 16:19, Marc 11:10. Voyons aussi le "troisième ciel" (2 Cor.12:2) et la "lumière inaccessible" (1 Tim.6:16).
  • Voyons ces bergers se parler l’un à l’autre, et aller de concert auprès de l’enfant. Quelle fut la réaction des bergers, après qu’ils eurent vu l’enfant dans la crèche ?
"Et Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son cœur !" Nous pouvons encore ici regarder au modèle que nous donne Marie. Elle demeure modestement à sa place assignée, prenant soin de l’enfant qui lui a été confié, attentive à ce qu’elle voit et entend, discrète comme elle le sera en toutes circonstances, et comme effacée, avant d’être dans la souffrance comme il le lui sera dit quelques jours plus tard. Les bergers, quant à eux, saisis de la vision d’anges chantant la louange de Dieu, ont foi en la venue du Messie, et l’ayant vu, font entendre la bonne nouvelle autour d’eux. Nous pouvons penser ici à la joie qui se répand parmi les hommes humbles du peuple de Judée. Les bergers font entendre autour d’eux ce qu’ils entendirent des anges, à savoir que Dieu, "Celui qui habite la lumière inaccessible, lequel aucun des hommes n'a vu, ni ne peut voir" (1 Tim.6:16), a son regard tourné vers tous les hommes pour apporter la paix à tous (Genèse 12:3, Michée 5:4, Ésaïe 52:7, 57:19, 66:12-20, Zacharie 9:10, Éph.2:17 ; 6:15).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

18/12/2011

La Nativité (7/8)


 

La circoncision et la présentation au temple – 2:21-24

La vie des Israélite est marquée par des gestes rituels attachés à l’Alliance et prescrits explicitement par la Loi. Le lecteur, Théophile, n’est sans doute pas au clair quant à ces pratiques de piété, mais Luc se doit cependant de les évoquer. Le petit garçon doit être circoncis au huitième jour, et aussi sa mère se tient rituellement séparée pendant trente-trois jours. De plus, parce qu’il s’agissait du premier-né de Marie, l’enfant Jésus devait être présenté au temple; un rite de rappel de la sortie d’Egypte et de la parole du Seigneur touchant les premiers-nés de chaque mère en Israël, un geste symbolique attestant que la vie vient de Dieu, lequel revendique rituellement les premiers-nés qui sont "rachetés" par l’offrande d’un sacrifice.
 
A propos de la circoncision du jeune garçon (Genèse 17.12 ; Lévitique 12.3), et au rite de purification de la mère, nous lisons: "Lorsqu’une femme est enceinte et qu’elle met au monde un fils, elle sera impure sept jours […] Le huitième jour, l’enfant sera circoncis" […] Lorsque les jours de la purification de la mère seront accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle amènera au sacrificateur, à l'entrée de la tente d'assignation, un agneau âgé d'un an pour holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour sacrifice pour le péché […] Telle est la loi concernant la femme qui met au monde un enfant, un fils ou une fille. Si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l'un pour l'holocauste, et l'autre pour le sacrifice pour le péché ; et le sacrificateur fera propitiation pour elle, et elle sera pure." (Lévitique 12:1-8).
 
A ces gestes s’ajoutent la prescription touchant le premier-né : "Tu consacreras à l'Éternel tout premier-né de sa mère… les mâles seront à l'Éternel… Tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras. Et quand ton fils t'interrogera à l'avenir, te demandant ce que cela signifie, alors tu lui diras : À main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude " (Exode 13:12-14).
 
Israël, dépositaire des oracles de Dieu, jouissant de l’Alliance du Sinaï, a ce privilège et cette responsabilité de rappeler les voies de Dieu à son égard, et être le témoin de la miséricorde à la face du monde.
 
Ainsi les événements se suivent. Au huitième jour, le petit enfant est circoncis, et dès le délai rituel de la purification accompli, Joseph et Marie amènent l’enfant à Jérusalem pour la présentation au temple, avant de poursuivre leur route de retour vers Nazareth.

21 Quand huit jours furent accomplis, il fut circoncis et on lui donna le nom de Jésus, celui que l’ange avait indiqué avant sa conception. 22 Et quand les jours de la purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : "Tout mâle premier-né de sa mère sera consacré au Seigneur" [Exode 13:12], 24 et pour offrir un sacrifice, "une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes", selon ce qui est prescrit dans la loi du Seigneur [Lévitique 12:8].

  • Etant à Bethléem, les bergers sont venus contempler l’enfant, et parlèrent de lui avec ferveur autour d’eux. Les jours qui suivirent sont tracés par Luc. Que penser de la sobriété du texte de Luc, dans lequel nous ne voyons pas d’autres intervenants ?
  • Joseph et Marie vont à Jérusalem et offrent deux oiseaux, tourterelles ou colombes, le plus modeste sacrifice qui se peut. Que penser de ce fait ? Lévitique 12:8.
Nous voyons ici, dès l’annonce à Marie et dans le cours des événements ayant accompagné la naissance du Sauveur, que le climat est empreint de modestie, d’humilité et de piété. Nuls faits fastueux, mais l’application des préceptes de la loi, chacun en leur temps, et dans le respect des conditions modestes de Joseph et Marie, c’est le plus humble des sacrifices qui est apporté à l’autel.

 
Siméon, l’homme pieux, et Anne, la prophétesse – 2:25-39

Des hommes et des femmes, en Judée, attendent la venue du Messie annoncé des siècles auparavant, et nous voyons ici deux rencontres remarquables. Simon comme Anne, se trouvent au temple lorsque le petit enfant y est présenté. Fort âgés l’un et l’autre, ils vivent non le crépuscule, mais l’apothéose de leur vie de foi, étant chacun assurés de l’accomplissement de la parole des prophètes, étant pénétrés de la réalité des promesses faites à Abraham et à David. L’un et l’autre attendaient "la consolation d’Israël" (Ésaïe 51:3).
 
Comme Zacharie et Elisabeth, Marie et Joseph, les modestes bergers et tant d’autres assurément, ils sont de ces quelques uns qui "se parlent l’un à l’autre", ceux sur lesquels le Seigneur Dieu peut avoir ce regard particulier qui fit dire, par le prophète, au nom de l’Eternel, "Ils sont mon trésor particulier" (Malachie 3:16,17). L’événement dont ils sont témoins est pour tous les hommes, mais la confiance et la foi ne sont-elles pas une joie particulière pour Celui qui vient avec miséricorde !

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon. Cet homme était juste et pieux et il attendait la consolation d’Israël. L’Esprit Saint était sur lui. 26 Il avait été averti divinement par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Il vint dans le temple, poussé par l’Esprit. Et comme les parents apportaient l’enfant Jésus pour accomplir à son égard selon l’usage de la loi, 28 il le prit entre ses bras et bénit Dieu, disant :
 
29 Maintenant, Seigneur, tu laisses ton esclave aller en paix selon ta parole, 30 car mes yeux ont vu ton salut, 31 lequel tu as préparé devant tous les peuples, 32 lumière pour la révélation aux nations, et gloire de ton peuple Israël.
 
33 Son père et sa mère s’étonnaient de ce qui était dit de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme signe que l’on contredira – 35 et même une épée transpercera ta propre âme – en sorte soient révélés que les raisonnements de beaucoup.
 
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité, 37 elle est restée veuve ; âgée d’environ quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple, servant Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour. 37 Elle aussi survint à ce moment même ; elle louait le Seigneur et parlait de l’enfant à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la rédemption.

  • Avant la rencontre au temple, qu’est-ce qui occupe l’esprit de Simon ?
  • Dans la parole qu’il prononce, tenant entre ses mains l’enfant, pense-t-il au salut d’Israël seulement ? Pourquoi est-il rempli de cette confiance à propos de toutes les nations ? Genèse 12:3, 22:18, Psaume 117:1, Ésaïe 9:6-7, Zacharie 2:11, 14:17, Malachie 3:12.
  • Simon a parlé des souffrances de Marie. Comment en a-t-il eu le pressentiment ? Ésaïe 53:5, Zacharie 13:6
  • En qui Anne, veuve depuis tant d’années, trouvait-elle sa joie dans sa longue existence ?
Il faut regarder aux paroles de Simon à cette occasion, une immense joie pour cet homme, mais nous pouvons aussi remarquer ce dont son cœur était rempli, à savoir l’attente de la délivrance pour Israël et pour toutes les nations, une confiance fondée sur la parole des prophètes. La promesse de voir le Sauveur de ses yeux avant de mourir ne pouvait être donnée qu’à quelqu’un dont l’esprit est tourné vers cette espérance. Mais, nourri de la parole de Dieu, il avait aussi conscience des douleurs qui toucheront cet enfant qu’il tient dans ses bras, et donc de la souffrance de Marie, sa mère.
 
Ceci nous fait toucher une autre réalité. Si d’une manière générale les Judéens professaient l’attente du Messie, beaucoup attendaient une délivrance politique, le relèvement d’une nation assujettie à des étrangers depuis la ruine de Jérusalem six siècles plus tôt. Ceux-là oubliaient l’enseignement des prophètes, lesquels, annonçant la rédemption, parlaient d’un travail de conscience, d’une reconnaissance de leur propre responsabilité dans la ruine de l’alliance ; ceux-ci ne voulaient pas entendre parler d’un Messie humble et soumis à la souffrance… Et pourtant il n’y a pas d’ambiguïté dans la parole des prophètes, et les Psaumes y font fidèlement écho.
 
Voyons Anne, également, veuve depuis plus de soixante-ans sans doute, et qui trouve sa joie à parler du Seigneur autour d’elle, et qui reçut cette joie si grande d’être là lorsque parut le petit enfant. Elle eût la révélation de qui il était, et en éprouva une grande joie. Pourquoi donc fut-elle si heureuse ? Peu gâtée par la vie, elle trouvait sa joie dans la perspective des promesses, dans la venue du Messie d’Israël. Rien de fortuit dans cette rencontre d’Anne au temple, mais bien le sceau de Dieu sur une vie de foi exceptionnelle… Sans qu’aucun grand fait religieux ne pût être mis à son actif. Mais il est vrai que "l'Éternel regarde au cœur" (1 Samuel 16:7).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

17/12/2011

La Nativité (8/8)


 

L’enfance de Jésus – 2:39-52

Descendus à deux dans la ville de David pour un recensement – ce recensement qui a été suspendu en Palestine et n’aura effectivement lieu que dix ans plus tard – Marie et Joseph s’en retournent à Nazareth à trois, chargés de cet enfant dont la destinée est unique…
 
Commence alors une longue période, trente années au cours desquelles Jésus est connu comme le fils de Joseph, car auraient-ils pu vivre humblement ces années si l’annonce faite à Marie avait été publiée ? Seules quelques personnes avaient été mises dans la confidence : quelques bergers à Bethléem, quelques personnes à Jérusalem, en particulier Siméon et Anne... Mais Nazareth se trouve fort éloignée, à près d’une centaine de kilomètres...
 
La famille de Joseph, le charpentier, vit dans la simplicité et la piété. Et ils accompagnent les fidèles qui se rendent à Jérusalem chaque année pour y célébrer la Pâque.

39 Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 40 L’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse ; et la faveur de Dieu était sur lui. 41 Et ses parents allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque.
 
42 Lorsqu’il eut douze ans, ils montèrent à Jérusalem, selon la coutume de la fête. 43 Puis, lorsque les jours furent accomplis et qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus demeura à Jérusalem, mais ses parents ne s’en aperçurent pas. 44 Pensant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils firent une journée de chemin et le cherchèrent parmi les gens de leur parenté et leurs connaissances. 45 Mais ils ne le trouvèrent pas et s’en retournèrent à Jérusalem à sa recherche. 46 Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47 Tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. 48 Quand ils le virent, ils furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse. 49 Il leur répondit : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père ? 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. 51 Puis il descendit avec eux, à Nazareth; il leur était soumis. Sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur.
 
52 Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.

  • Comment comprendre que c’est à l’âge de douze ans qu’eut lieu cet événement marquant de la vie de Jésus – cette rencontre avec les docteurs de la Loi – significatif aussi pour Joseph et Marie ?
  • Pourquoi, pensons-nous, Jésus pose-t-il des questions aux docteurs de la Loi ?
  • Que penser de la réponse de Jésus à sa mère ? Pourquoi fallait-il cet événement dans la vie de Marie ?
Qu’un jeune garçon de douze ans s’intéresse aux choses de Dieu, cela arrive plus souvent que nous le pensons. En toutes les cultures, c’est dans ces années que se marque la fin de l’enfance et l’avènement de l’âge de responsabilité. Mais les docteurs de la Loi étaient stupéfaits de l’intelligence des questions et de la qualité des réponses qu’il leur donnait. Cet événement marque semble-t-il un tournant dans la vie de la famille, car il souligne la destinée unique du Premier-né, le Messie d’Israël, alors qu’il était jusque là comme tout autre enfant dans une famille pieuse… Et cependant, le jeune garçon a accompagné Joseph dans son travail de charpentier, jusqu’à être charpentier lui-même, ainsi que nous lisons de Lui : "Celui-ci n'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques et de Joses et de Jude et de Simon ; et ses sœurs ne sont-elles pas ici auprès de nous ?" (Marc 6:3).
 
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L’accomplissement de la parole des prophètes, l’espérance de tout Israël s’est ainsi fait dans une discrétion surprenante. Nous lisons l’étonnement des familiers de Zacharie et Elisabeth lors de la naissance de Jean, ceci nous montre que les parents étaient quelque peu entourés ; mais Jésus, lui, naquit dans une étable, et fut couché dans une crèche, à Bethléem, loin de la bourgade de Galilée où il allait vivre trente ans ; quelques bergers seulement lui rendirent hommage… Six semaines plus tard, ce sont deux personnes fort âgées qui le célébrèrent… Et suivent trente années de vie humble à Nazareth, sans que nul ne fut prévenu de qui est ce jeune garçon, ce jeune homme, cet apprenti qui travaille avec Joseph, et enfin l’artisan charpentier. L’évènement du temple, lors de ses douze ans, le seul fait particulier de l’enfance qui nous soit donné à connaître, produisit certes l’étonnement de quelques docteurs de la loi, mais ils n’ont pas réalisé qui était de jeune garçon. Et Marie retenait ces faits en son cœur sans en faire état autour d’elle…
 
Ni ors ni fastes lors de l’apparition du Messie, ni par la suite tout au long de ce que nous appelons la "vie cachée de Jésus". Et cependant, l’événement était d’importance, il y avait l’avant, l’attente des promesses, et l’après, l’accomplissement... Et durant trente années, seules quelques personnes seulement connurent cette extraordinaire réalité ; un couple d’artisans à Nazareth, un prêtre modeste et son épouse dans les montagnes de Judée, quelques bergers à Bethléem, des personnes âgées fort pieuses à Jérusalem… Et pourtant "l’Orient d’En Haut" (1:78) avait paru, tel le soleil qui illumine le printemps d’une nouvelle ère après le ténébreux hiver, "Emmanuel" était là (Ésaïe 7:14, Mat.1:23)… Les témoins, si rares, sont privilégiés, assurément ! Mais pourquoi eux ? Si la nativité, comme nous l’appelons, concerne tous les hommes, ainsi que l’annoncèrent les prophètes, ces quelques uns attendaient la délivrance d’Israël et la paix promise pour toutes les nations ; dans la patience de l’espérance, ces personnes humbles se tenaient moralement devant Dieu, ils "faisaient ce qui est droit, aimaient la bonté, et marchaient humblement devant leur Dieu" (Michée 6:8). Le climat moral délétère en Judée, la gouvernance d’un tyran, la corruption ambiante et les courants religieux qui s’opposaient devaient les attrister et leur faire désirer plus ardemment la délivrance promise, mais cela n’occupe pas leurs esprits ; ce sont des personnes modestes et effacées… Mais pour le regard de Dieu, ceux qui vivent ainsi sont "son trésor particulier" (Malachie 3:17) ! Au sein de l’humanité, il se trouve des pépites… Et parmi ces pépites, le Seigneur Dieu a discerné les âmes préparées pour être ces témoins privilégiés de la venue du Messie.

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric