05/04/2011

La Passion du Christ (8/12)


 

Les trois heures de ténèbres
Matt.27:45-46, Marc 15:33-34, Luc 23:44-45

Survint ensuite, à midi, lorsque le soleil est au zénith, une nuée telle que le ciel s’obscurcit complètement. Alors, plus en mot, plus un signe, Jésus sur la croix est dans la solitude la plus absolue pendant trois heures. Marc relève alors une parole essentielle prononcée à la croix, ce que reprendra Matthieu : c’est le cri de la douleur absolue !

Marc 15  33 A la sixième heure, il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu’à la neuvième heure. 34 Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une forte voix, disant : Éloï, Éloï lama sabachthani ? ce qui se traduit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Cette parole, nous la lisons au Livre des Psaumes (Psaume 22:1), mais pouvons-nous imaginer un instant que le Seigneur "récitait" des Psaumes ? Il s’agissait là d’un Psaume prophétique annonçant l’absolu des douleurs de celui qui allait être livré pour les péchés du monde, ainsi que les prophètes en ont parlé (Ésaïe 53).

  • Pourquoi ces heures où le fils de l’homme est ainsi isolé des hommes qui l’entourent, et seul devant Dieu ?
  • Quelle réponse pouvons-nous donner à ce cri de douleur absolue ?
Par ces ténèbres, Dieu a séparé son Fils des outrages et des insultes des hommes pour qu’il fût seul, et tout entier à son œuvre. Et ainsi Il était seul devant le "Juge de toute la terre" (Genèse 18:25), portant les péchés du monde et étant traité selon cette charge, sans rien pour détourner le cours de la justice divine – afin que celle-ci soit détournée des hommes. L’horreur de la malédiction pèse sur son âme de toute sa rigueur, dans la conscience de la sainteté divine, ce qu’il anticipa au Jardin de Gethsémané.
 
Les heures de l’abandon, la solitude absolue de Celui qui a connu le châtiment de nos propres fautes fait briller la sainteté de Dieu d’un éclat insoutenable, comme le jeune prophète qui dans uen vision de la gloire de Dieu s’écria : "Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures" (Ésaïe 6:5). Mais il fut conforté à la parole de l’ange, lequel, touchant sa bouche d’un charbon ardent tiré de l’autel, lui dit : "Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché" (Ésaïe 6:6-7).


 
Jésus entre dans la mort
Matt.27:47-56, Marc 15:35-41, Luc 23:46-49, Jean 19:28-30

Pas un mot, pas un souffle d’homme autour de lui durant ces trois heures, mais au cri prononcé, lorsque l’ombre se dissipe, des assistants se sont remis à l’action suivant leurs sentiments peu amènes, mais le temps est court, le fin est bien près de venir. Les uns évoquent Élie, d’un haussement d’épaule, tandis qu’un autre a entendu cette parole prononcée par le Seigneur, disant : "J’ai soif" (Jean 19:28-29) et s’empressa de répondre à l’appel, accomplissant ainsi, sans le savoir lui-même, la parole : "Dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vin aigre" (Psaume 69:21). C’est ici la quatrième parole de la croix.


Marc 15  35 Et quelques-uns de ceux qui étaient là présents, l’ayant entendu, disaient : Voici, il appelle Élie. 36 Quelqu’un courut remplir une éponge de vin aigre et la fixa à un roseau pour lui donner à boire, disant : Laissez, voyons si Élie vient pour le faire descendre.

  • Dès que fut prononcé ce cri douloureux, des hommes agissent ! Que penser de leur réaction ?
  • Comment les assistants réagirent-ils vis-à-vis de celui qui a réagi à la parole du Seigneur, lui présentant le vin aigre ?
  • Que peut signifier pour nous cette parole "J’ai soif" ?
  • Comment le condamné agit-il lorsque le vin aigre lui fut ainsi présenté ? Et que dit-il ?
Les assistants purent entendre encore deux paroles dont le sens profond ne pût que leur échapper, et ils constatèrent ensuite l’entrée de Jésus dans la mort, volontairement, et non vaincu par elle.
 
Jean, encore lui, détaille la suite, et nous pouvons recevoir ce témoignage avec foi, alors qu’il se trouvait à proximité de la croix avec Marie, la mère de Jésus. Il écrit : "Quand il eut pris le vin aigre, Jésus dit : C'est accompli" (Jean 19:30). Et à cette sixième parole prononcée à la croix suivent les mots que Jésus prononça en remettant son esprit, un grand cri écrivirent Marc et Matthieu, dont les paroles nous sont données par Luc : "Jésus cria d’une forte voix : Père, entre tes mains je remets, mon esprit !" (Luc 23:46). C’est ici la septième parole de la croix. Le Seigneur est entré dans la mort.


Marc 15  37 Jésus, ayant jeté un grand cri, expira. 38 Le voile du temple se déchira en deux, de haut en bas. 39 Voyant qu’il avait expiré en criant ainsi, le centurion qui était là, vis-à-vis de lui, dit : Certainement, cet homme était Fils de Dieu. 40 Et il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé, 41 qui, lorsqu’il était en Galilée, le suivaient et le servaient, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

  • Que représente pour nous le fait de ce voile qui fermait l’accès au Saint des saints, à ce moment déchiré depuis le haut jusqu’en bas, par le milieu ajoute Luc 23:45 ? Exode 26:31-33, Genèse 3:24, Hébr.10:19-20.
  • Que penser du tremblement de terre dont fait part Matthieu, et de l’apparition de croyants ressuscités ? Matt.27:50-53.
  • Comment réagirent les personnes qui assistaient à cette terrible scène, et en particulier à la mort si étrange de Jésus ? Il y a le centurion, quelques disciples, mais Luc cite aussi les gens du peuple. Luc 23:48.
Certes, il y avait là quelques hommes qui manifestèrent encore la dureté de leur cœur, disant "Voyons si Élie vient pour le faire descendre de la croix !" Mais il n’en est plus parlé lorsque le Seigneur est entré dans la mort. Les dernières paroles prononcées font état de l’accomplissement d’une œuvre qui s’achève par l’entrée volontaire de Jésus dans la mort. Les évangélistes ont rapporté le grand respect qu’imposa cette scène, relevant la parole du centurion, homme aguerri à ces actes de jugement, mais saisi ici par ce qu’il n’avait jamais vu. Des condamnés exprimant leur douleur, cela il connaissait, et d’aucuns se montrant dignes dans la souffrance, sans doute aussi, mais un tel condamné conduisant manifestement lui-même les circonstances jusqu’à entrer dans la mort après une telle parole, cela est unique !
 
La mort n’avait pas de pouvoir sur l’Homme Christ Jésus, mais il y est entré de lui-même afin d’attester de la victoire sur la mort par sa résurrection.

 
Le coup de lance
Jean 19:31-37

 
Les chefs religieux n’ont pas vu ces derniers faits, car avant que le Seigneur n’entra dans la mort, ils étaient déjà retournés en ville. Il faut dire qu’ils y avaient à faire ; ils devaient penser à la célébration du lendemain, le jour du shabbat, et un shabbat important puisqu’il avait lieu au cours des « Pains sans levain", ces sept jours de mémoire de la sortie d’Égypte.


Jean 19  31 C'était le jour de la Préparation et, pour que les corps ne demeurent pas sur la croix pendant un sabbat – et ce sabbat là était grand – les Juifs demandèrent à Pilate de les faire enlever de la croix après leur avoir brisé les jambes. 32 Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l'autre qui était crucifié avec lui. 33 Mais étant venus à Jésus, comme ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes ; 34 mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. 35 Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; lui, il sait qu’il dit vrai, pour que vous aussi vous croyiez. 36 Cela est arrivé afin que fût accomplie l'écriture : "Pas un de ses os ne sera brisé" [Exode 12:46; Psaume 34:20]. 37 Et une autre écriture dit encore : "Ils regarderont vers celui qu'ils ont percé" [Zacharie 12:10].

  • Où étaient les chefs religieux à ce moment, et quelle était leur préoccupation cérémoniale en ce jour de préparation, de veille du shabbat ? Jean 19:31.
  • Que firent les soldats chargés de hâter la mort des condamnés, lorsqu’ils virent que Jésus était déjà mort ? Jean 19:32-34.
L’Ecriture s’accomplit ainsi, pas à pas. Quelles paroles, celles prononcées par Zacharie à l’adresse des fidèles qui rebâtissaient le Temple, étant remontés de Babylone. Ces Israélites manifestaient leur foi et leur attachement à Dieu et aux promesses faites à leurs pères, mais un jour, en ces lieux mêmes, le Messie qu’ils attendaient alors allait se trouver rejeté et blessé… Mais le prophète disant "Ils regarderont vers celui qu’ils auront percé" (Zacharie 12:10) évoquait alors qu’après cet acte coupable, des Israélites se tourneraient vers ce Messie rejeté aujourd’hui lorsqu’il sera près de venir pour établir son règne sur la terre.


 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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