12/04/2011

La Passion du Christ (1/12)


 

La Passion du Christ
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît de la sorte
et qu’il entrât dans sa gloire ?

Luc 24:26

 
Avant-propos

S’il est un fait universellement connu, c’est bien la Croix du Calvaire ! Il est tant de livres, de conférences et de manifestations de sa mémoire tout autour de la terre que peu de personnes peuvent prétendre l’ignorer ; mais quant à connaître les textes sur lesquels l’histoire de la crucifixion est fondée, c’est une toute autre chose. Combien il est important pour tout chrétien, mais aussi pour tout homme qui veut se faire une idée correctement étayée, d’aborder par lui-même ces textes, somme toutes sobres et courts, pour apprécier cet événement qui a, qu’on le veuille ou non, bouleversé le cours des temps sur notre planète.
 
Ce petit ouvrage a pour but la lecture des textes néo-testamentaires en vue d’une réflexion personnelle sur ces pages fondatrices conduisant le lecteur à se convaincre lui-même de leur signification. Pour ce faire, nous suivons les faits relevés dans les quatre évangiles, les seuls textes qui relatent l’histoire de la Passion, chacun des quatre évangélistes ayant retracé ces heures selon son propre objectif, son propre vécu et ses propres circonstances de vie.
 
Quatre évangiles

L’évangile de Marc paraît bien le premier en date, écrit vers l’an 50. Tout jeune, Marc s’est engagé dans le service auprès de Paul ; mais il a abandonné la route après quelques mois, étant sans doute découragé par les difficultés rencontrées. Mais il s’est ressaisi ! Après sa défection, il désira reprendre la route, et nous le voyons partant à Chypre pour l’annonce de l’évangile, avec Barnabas, son oncle (Act.15:39). C’est dans ces années, pensons-nous, qu’il écrivit son évangile. Par après, nous le trouvons auprès de Paul lors du premier emprisonnement de celui-ci à Rome ; là, il est recommandé par l’apôtre pour un voyage qui devait le mener par l’Asie mineure jusqu’à Babylone, où il se trouvera avec Pierre (Col.4:10, 1 Pier.5:13). Plus tard encore, il sera appelé auprès de Paul vers la fin de la vie de l’apôtre (2 Tim.4:11). Ainsi pouvons-nous comprendre sa qualification pour écrire l’évangile du Serviteur parfait, caractère de Christ qu’il met particulièrement en avant.
 
Par la suite, ce seront Matthieu et Luc qui écriront leur évangile.
 
Matthieu, l’un des douze, s’adresse particulièrement aux Juifs, soulignant à leur attention l’accomplissement des promesses faites à Israël, promesses accomplies en Jésus-Christ. Il parle donc du Messie. Reprenant globalement le plan suivi par Marc, son texte est essentiellement composé de cinq grands discours reprenant ainsi les divers enseignements du Seigneur.
 
Luc, un chrétien d’entre les nations, compagnon fidèle de l’apôtre Paul, rédige l’évangile à l’adresse d’un notable non-juif, le très excellent Théophile. Luc accompagne l’apôtre dans son premier voyage vers la Macédoine (Act.16:10), et jusqu’au bout nous le trouvons auprès de Paul, notamment lors de ses deux emprisonnements à Rome (Col.4:14 et 2 Tim.4:11). Il a devant lui non pas les promesses spécifiques faites à Israël, mais l’accomplissement des voies de Dieu envers les hommes. Jésus y est donc vu dans son caractère de Fils de l’homme (Psaume 8:4).
 
Jean écrivit vers la fin de sa vie, à la fin du premier siècle. Il connût une longue vie dans la foi qu’il commença très jeune lorsqu’il quitta son père, Zébédée, pêcheur au Lac de Tibériade, pour suivre Jésus. Il s’attache à l’essence du message du Seigneur. Avec le recul du temps et après un service précieux parmi les croyants, il écrivit pour les générations qui devaient venir, après que les témoins de la première heure soient entrés dans le repos. Lorsqu’il écrit, le Temple à Jérusalem n’est plus, et les chrétiens tirés des nations sont de plus en plus nombreux. Jean place chacun devant l’essence de la vérité. Sa préoccupation n’est pas tant de rendre compte de l’histoire de Jésus Christ sur la terre, mais d’en exposer les motifs, d’en tirer les enseignements. Il est le chantre de l’amour de Dieu, le contemplateur du Fils de Dieu, Celui qui est venu du ciel pour apporter le message de la grâce et la pleine révélation de la pensée de Dieu pour l’homme.
 
 
La Passion

La Passion du Christ ! Un chemin de souffrance qui dura une vingtaine d’heures, depuis l’acceptation, au Jardin de Gethsémané, jusqu’à l’entrée de Jésus dans la mort, cette mort dont il est écrit "qu’il est venu pour l’accomplir" (Luc 9:31).
 
Mais comment cette terrible réalité s’est-elle produite dans cette ville, à ce moment particulier de la fête des Juifs, la fête où les Israélites célèbrent la bonté de Dieu, dans la mémoire de la sortie d’Égypte, souvenir si vivace parmi eux ? Lors de la célébration dans chaque foyer, un agneau était immolé dans chaque maison et partagé avec tous ! Et pendant ce temps, les chefs religieux ayant le désir que Jésus disparaisse de la scène de ce monde, étant rendus jaloux du fait de sa notoriété sont placés devant une opportunité pour le prendre et le faire mettre à mort ! Ainsi, quoique craignant des troubles en ces jours de fête où nombre de Juifs venus de loin étaient nombreux, le Christ sera arrêté et condamné (Matt.26:5).
 
Et cette nuit même, l’Agneau de Dieu s’offre en sacrifice. L’heure était venue pour accomplir la parole prononcée par les prophètes. Pensons à ces lignes du Livre d’Ésaïe : "Certainement, lui, a porté nos langueurs, et s'est chargé de nos douleurs ; et nous, nous l'avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ; mais il a été blessé pour nos transgressions, il a été meurtri pour nos iniquités ; le châtiment de notre paix a été sur lui, et par ses meurtrissures nous sommes guéris" (Ésaïe 53:4-5).
 
Ce soir était la commémoration de ce jour mémorable où le sang de l’agneau de la pâque fût porté par les Israélites sur le linteau et les poteaux de la porte de leur habitation en Égypte, et où ils mangèrent l’agneau rôti à la hâte, prêts à quitter pour toujours la terre de leur esclavage. Un jour de délivrance. Et ce sang là, expression d’une vie donnée en substitution de leur propre vie, était bien l’annonce du sacrifice plus grand et plus précieux (Hébr.13:12, 1 Pier.1:19-20). Dieu s’est pourvu de l’agneau pour l’holocauste (Genèse 22:8) dès avant la fondation du monde. Et ceci a été manifesté au temps assigné par Dieu lui-même.

 

 
Au Jardin de Gethsémané
Matt.26:36-46, Marc 14:32-42, Luc 22:39-46

Jean a rapporté de façon fort circonstanciées les paroles de Jésus Christ lors du repas pascal qu’il a partagé avec ses disciples à Jérusalem ; ces pages demandent d’ailleurs toute notre attention (Jean 13 à 17). Mais par contre, il ne rapporte pas la scène de Gethémané, pas plus qu’il ne rapporta la transfiguration, scène où le Seigneur apparaît dans la gloire et au cours de laquelle sont présents Pierre, Jacques et Jean, les mêmes qui furent invités par le Seigneur auprès de Lui en Gethsémané. Touchant la transfiguration, Jean exprima ces seuls mots dans le prologue de l’évangile : "et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d'un fils unique de la part du Père" (Jean 1:14), comme il écrit touchant Gethsémané : "Ayant dit ces choses, Jésus s'en alla avec ses disciples au delà du torrent du Cédron, où était un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples" (Jean 18:1).
 
Dans cette portion, deux thèmes nous interpellent. Le premier, c’est la présentation par le Père de la coupe de souffrance, selon que nous pouvons lire : "Mais il plut à l'Éternel de le meurtrir ; il l'a soumis à la souffrance. S'il livre son âme en sacrifice pour le péché, il verra une semence…" (Ésaïe 53:10). C’est ici l’engagement absolu du Fils de Dieu dans l’œuvre pour laquelle Il est venu sur cette terre. Le second point concerne les disciples face au Seigneur, avertis qu’ils étaient du fait qu’ils allaient se trouver séparés de Lui, mais ne pouvaient accepter qu’il en soit ainsi, ne pouvant le comprendre. Pourtant cela était près d’arriver…

Marc 14  32 Ils arrivent en un lieu nommé Gethsémané, et il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je prierai. 33 Il prend avec lui Pierre et Jacques et Jean. Il commença alors à être saisi d’effroi et d’angoisse. 34 Il leur dit : Mon âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort ; demeurez ici et veillez. 35 Et s’en allant un peu plus avant, il se jeta contre terre et il pria que, s’il était possible, l’heure passât loin de lui. 36 Et il disait : Abba, Père, toutes choses te sont possibles ; fais passer cette coupe loin de moi ; toutefois non pas ce que je veux, moi, mais ce que tu veux, toi ! 37 Et il vient, et les trouve dormant ; alors il dit à Pierre : Simon, tu dors ? Tu n’as pu veiller une heure ? 38 Veillez et priez, afin que vous n’entriez pas en tentation; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. 39 Et il s’en alla de nouveau, et il pria, disant les mêmes paroles. 40 Et s’en étant retourné, il les trouva de nouveau dormant, car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne savaient que lui répondre. 41 Et il vient pour la troisième fois et leur dit : Dormez dorénavant et reposez-vous ; il suffit, l’heure est venue ; voici, le fils de l’homme est livré entre les mains des pécheurs. 42 Levez-vous, allons ; voici, celui qui me livre s’est approché.

Le Seigneur et les disciples

Les disciples assistent et, ainsi que nous pouvons le lire par ailleurs, ils ont difficile à comprendre (Jean 16:17-18), tout en étant pénétrés de la gravité des heures à venir. Jean nous redonne la substance de ce que le Seigneur dit aux disciples en chemin, de Jérusalem au jardin de Gethsémané (Jean 15:1-16:33).

  • L’heure est venue ! Comment Jean évoque-t-il cette heure ? Jean 16:32.
  • Qu’ajoute Luc, le médecin, touchant les signes de la douleur intense de Jésus, et concernant la difficulté des disciples de rester éveillé ? Luc 2:44-45.
  • Pouvons-nous être étonnés de ce que le Seigneur exprime ici l’approche imminente de Judas et de ceux qui l’accompagnaient ? Luc 9:32.
Nous aurons bien compris que les disciples présents sont comme placés devant un gouffre ! Des événements vont bouleverser leur vie, alors qu’ils accompagnaient le Seigneur, écoutaient ses paroles, voyaient ses œuvres de bonté… Comme Il le leur a dit, il allait s’en aller (Jean 14:3), mais c’est Lui qui sera en fait laissé seul (Jean 16:32).
 
La Coupe reçue du Père

Le Seigneur reçoit la coupe qui lui est présentée par le Père, et nous pouvons nous demander pourquoi cette prière instante, et cette expression de soumission. Soulignons que cette prière fait suite à la "prière sacerdotale" (Jean 17).

  • Que signifie cette "heure" qui allait venir, et qui était là ? Vers.35 et 41. Lire Jean 16:16-22.
  • Dans sa prière trois fois exprimée, que dit le Seigneur ? Comment comprendre la volonté du Père, et aussi la soumission de Jésus à cette volonté ? Genèse 22:8, Ésaïe 53:10, Hébr.2:10, Psaume 40:8.
  • Pensons-nous qu’il pût y avoir un chemin explicite pour manifester la miséricorde de Dieu, hors celui que dût traverser l’Envoyé du Père ? Pour que pût, en vérité faire se rencontrer la justice et la paix ? Psaume 85:10.
Ainsi l’heure, cette heure connue du Seigneur, est venue. Un mystère est près d’être révélé, à savoir comment Dieu, saint et juste, pourra résoudre l’énigme prononcée par les prophètes : comment seront effacées les fautes des hommes dans le respect de sa sainteté et de sa justice (Ésaïe 1:18, >Michée 7:9). Celui dont Dieu s’est pourvu que l’homme ait été créé (1 Pier.1:19-20), celui qui est annoncé par Abraham (Genèse 22:8) et évoqué par tous les sacrifices offerts (Hébr.10:4,8), a reçu la coupe du jugement (Ésaïe 53:5).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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12:00 Publié dans La Passion, Textes fondamentaux | Eric

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