18/12/2011

La Nativité (7/8)


 

La circoncision et la présentation au temple – 2:21-24

La vie des Israélite est marquée par des gestes rituels attachés à l’Alliance et prescrits explicitement par la Loi. Le lecteur, Théophile, n’est sans doute pas au clair quant à ces pratiques de piété, mais Luc se doit cependant de les évoquer. Le petit garçon doit être circoncis au huitième jour, et aussi sa mère se tient rituellement séparée pendant trente-trois jours. De plus, parce qu’il s’agissait du premier-né de Marie, l’enfant Jésus devait être présenté au temple; un rite de rappel de la sortie d’Egypte et de la parole du Seigneur touchant les premiers-nés de chaque mère en Israël, un geste symbolique attestant que la vie vient de Dieu, lequel revendique rituellement les premiers-nés qui sont "rachetés" par l’offrande d’un sacrifice.
 
A propos de la circoncision du jeune garçon (Genèse 17.12 ; Lévitique 12.3), et au rite de purification de la mère, nous lisons: "Lorsqu’une femme est enceinte et qu’elle met au monde un fils, elle sera impure sept jours […] Le huitième jour, l’enfant sera circoncis" […] Lorsque les jours de la purification de la mère seront accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle amènera au sacrificateur, à l'entrée de la tente d'assignation, un agneau âgé d'un an pour holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour sacrifice pour le péché […] Telle est la loi concernant la femme qui met au monde un enfant, un fils ou une fille. Si elle n’a pas de quoi se procurer un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l'un pour l'holocauste, et l'autre pour le sacrifice pour le péché ; et le sacrificateur fera propitiation pour elle, et elle sera pure." (Lévitique 12:1-8).
 
A ces gestes s’ajoutent la prescription touchant le premier-né : "Tu consacreras à l'Éternel tout premier-né de sa mère… les mâles seront à l'Éternel… Tout premier-né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras. Et quand ton fils t'interrogera à l'avenir, te demandant ce que cela signifie, alors tu lui diras : À main forte l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude " (Exode 13:12-14).
 
Israël, dépositaire des oracles de Dieu, jouissant de l’Alliance du Sinaï, a ce privilège et cette responsabilité de rappeler les voies de Dieu à son égard, et être le témoin de la miséricorde à la face du monde.
 
Ainsi les événements se suivent. Au huitième jour, le petit enfant est circoncis, et dès le délai rituel de la purification accompli, Joseph et Marie amènent l’enfant à Jérusalem pour la présentation au temple, avant de poursuivre leur route de retour vers Nazareth.

21 Quand huit jours furent accomplis, il fut circoncis et on lui donna le nom de Jésus, celui que l’ange avait indiqué avant sa conception. 22 Et quand les jours de la purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, 23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : "Tout mâle premier-né de sa mère sera consacré au Seigneur" [Exode 13:12], 24 et pour offrir un sacrifice, "une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes", selon ce qui est prescrit dans la loi du Seigneur [Lévitique 12:8].

  • Etant à Bethléem, les bergers sont venus contempler l’enfant, et parlèrent de lui avec ferveur autour d’eux. Les jours qui suivirent sont tracés par Luc. Que penser de la sobriété du texte de Luc, dans lequel nous ne voyons pas d’autres intervenants ?
  • Joseph et Marie vont à Jérusalem et offrent deux oiseaux, tourterelles ou colombes, le plus modeste sacrifice qui se peut. Que penser de ce fait ? Lévitique 12:8.
Nous voyons ici, dès l’annonce à Marie et dans le cours des événements ayant accompagné la naissance du Sauveur, que le climat est empreint de modestie, d’humilité et de piété. Nuls faits fastueux, mais l’application des préceptes de la loi, chacun en leur temps, et dans le respect des conditions modestes de Joseph et Marie, c’est le plus humble des sacrifices qui est apporté à l’autel.

 
Siméon, l’homme pieux, et Anne, la prophétesse – 2:25-39

Des hommes et des femmes, en Judée, attendent la venue du Messie annoncé des siècles auparavant, et nous voyons ici deux rencontres remarquables. Simon comme Anne, se trouvent au temple lorsque le petit enfant y est présenté. Fort âgés l’un et l’autre, ils vivent non le crépuscule, mais l’apothéose de leur vie de foi, étant chacun assurés de l’accomplissement de la parole des prophètes, étant pénétrés de la réalité des promesses faites à Abraham et à David. L’un et l’autre attendaient "la consolation d’Israël" (Ésaïe 51:3).
 
Comme Zacharie et Elisabeth, Marie et Joseph, les modestes bergers et tant d’autres assurément, ils sont de ces quelques uns qui "se parlent l’un à l’autre", ceux sur lesquels le Seigneur Dieu peut avoir ce regard particulier qui fit dire, par le prophète, au nom de l’Eternel, "Ils sont mon trésor particulier" (Malachie 3:16,17). L’événement dont ils sont témoins est pour tous les hommes, mais la confiance et la foi ne sont-elles pas une joie particulière pour Celui qui vient avec miséricorde !

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon. Cet homme était juste et pieux et il attendait la consolation d’Israël. L’Esprit Saint était sur lui. 26 Il avait été averti divinement par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Il vint dans le temple, poussé par l’Esprit. Et comme les parents apportaient l’enfant Jésus pour accomplir à son égard selon l’usage de la loi, 28 il le prit entre ses bras et bénit Dieu, disant :
 
29 Maintenant, Seigneur, tu laisses ton esclave aller en paix selon ta parole, 30 car mes yeux ont vu ton salut, 31 lequel tu as préparé devant tous les peuples, 32 lumière pour la révélation aux nations, et gloire de ton peuple Israël.
 
33 Son père et sa mère s’étonnaient de ce qui était dit de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie sa mère : Celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme signe que l’on contredira – 35 et même une épée transpercera ta propre âme – en sorte soient révélés que les raisonnements de beaucoup.
 
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité, 37 elle est restée veuve ; âgée d’environ quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple, servant Dieu en jeûnes et en prières, nuit et jour. 37 Elle aussi survint à ce moment même ; elle louait le Seigneur et parlait de l’enfant à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la rédemption.

  • Avant la rencontre au temple, qu’est-ce qui occupe l’esprit de Simon ?
  • Dans la parole qu’il prononce, tenant entre ses mains l’enfant, pense-t-il au salut d’Israël seulement ? Pourquoi est-il rempli de cette confiance à propos de toutes les nations ? Genèse 12:3, 22:18, Psaume 117:1, Ésaïe 9:6-7, Zacharie 2:11, 14:17, Malachie 3:12.
  • Simon a parlé des souffrances de Marie. Comment en a-t-il eu le pressentiment ? Ésaïe 53:5, Zacharie 13:6
  • En qui Anne, veuve depuis tant d’années, trouvait-elle sa joie dans sa longue existence ?
Il faut regarder aux paroles de Simon à cette occasion, une immense joie pour cet homme, mais nous pouvons aussi remarquer ce dont son cœur était rempli, à savoir l’attente de la délivrance pour Israël et pour toutes les nations, une confiance fondée sur la parole des prophètes. La promesse de voir le Sauveur de ses yeux avant de mourir ne pouvait être donnée qu’à quelqu’un dont l’esprit est tourné vers cette espérance. Mais, nourri de la parole de Dieu, il avait aussi conscience des douleurs qui toucheront cet enfant qu’il tient dans ses bras, et donc de la souffrance de Marie, sa mère.
 
Ceci nous fait toucher une autre réalité. Si d’une manière générale les Judéens professaient l’attente du Messie, beaucoup attendaient une délivrance politique, le relèvement d’une nation assujettie à des étrangers depuis la ruine de Jérusalem six siècles plus tôt. Ceux-là oubliaient l’enseignement des prophètes, lesquels, annonçant la rédemption, parlaient d’un travail de conscience, d’une reconnaissance de leur propre responsabilité dans la ruine de l’alliance ; ceux-ci ne voulaient pas entendre parler d’un Messie humble et soumis à la souffrance… Et pourtant il n’y a pas d’ambiguïté dans la parole des prophètes, et les Psaumes y font fidèlement écho.
 
Voyons Anne, également, veuve depuis plus de soixante-ans sans doute, et qui trouve sa joie à parler du Seigneur autour d’elle, et qui reçut cette joie si grande d’être là lorsque parut le petit enfant. Elle eût la révélation de qui il était, et en éprouva une grande joie. Pourquoi donc fut-elle si heureuse ? Peu gâtée par la vie, elle trouvait sa joie dans la perspective des promesses, dans la venue du Messie d’Israël. Rien de fortuit dans cette rencontre d’Anne au temple, mais bien le sceau de Dieu sur une vie de foi exceptionnelle… Sans qu’aucun grand fait religieux ne pût être mis à son actif. Mais il est vrai que "l'Éternel regarde au cœur" (1 Samuel 16:7).

 

Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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08:00 Publié dans L'esprit de la NATIVITE | Eric

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