25/07/2010

Les chérubins fermaient l'accès...


 

Les chérubins fermaient l'accès...
 
L'Éternel chassa l’homme,
et plaça à l’orient du jardin d’Eden les chérubins...
pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Genèse 3:24

 
 
LE RECIT DES ORIGINES

C’est en un récit bien ancien que nous trouvons les bases du plan de Dieu. Le commencement de la Genèse nous indique le but ultime de Dieu, à savoir faire briller sa lumière afin que l’homme soit éveillé à la grâce et introduit dans le « repos de Dieu », cette éternité bienheureuse ou tout sera paix et bonheur. Le second récit fait état des voies, du chemin pris pour que l’homme soit conscient de la grâce, de l’amour de Dieu.
 
Ces récits des premiers chapitres de la Genèse puisent leur source dans la culture des peuples de Mésopotamie bien avant que l’on ne parle de Babylone, d’Assur ou de Ninive ; des sages y ont puisé les bases pour réécrire ces récits afin de faire apparaître sous ces formes allégoriques la réalité du plan divin qui leur fut révélé. On a recherché la localisation de l’Arche de Noé, on a supputé le lieu d’un antique « Jardin d’Eden »… Et l’on peut même trouver des indices qui localiseraient ce lieu au-delà de l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate… Mais les antiques récits populaires sont réécrits dans la Genèse pour indiquer la réalité de la situation de l’homme devant Dieu… – Comme Paul, en un autre temps, voyant un autel dédié « au dieu inconnu », se saisit de cette opportunité pour dire aux Athéniens qui est ce Dieu qu’ils ne connaissaient pas (Actes 17:23), et affirmer tout aussitôt que Dieu n’est pas au rang de leurs idoles – Dans le récit de la Genèse, ce qui est à retenir est la leçon concernant le plan de Dieu, discernée dans cette réécriture du récit populaire !

Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés, au jour que l’Éternel Dieu fit la terre et les cieux, et tout arbuste des champs avant qu’il fût sur la terre, et toute herbe des champs avant qu’elle crût ; car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol ; mais une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol. Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. Et l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y plaça l’homme qu’il avait formé. […]
 
Et l’Éternel Dieu le mit hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol, d’où il avait été pris : il chassa l’homme, et plaça à l’orient du jardin d’Eden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Genèse 2:4-8 et 3:23-24

L’humanité s’est détournée de Dieu ! La connaissance du bien et du mal n’est pas suffisante à garder l’homme dans le chemin de Dieu, ainsi que le prophète le résume :

Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ?
Michée 6:8

Et ainsi il y a une barrière entre Dieu et l’homme ! Plus exactement nous devons dire que l’homme ne peut se présenter devant Dieu et vivre ! Pourrait-il vivre, injuste, devant Dieu ? L’homme appelé à entrer dans le repos de Dieu est impropre à y entrer, à moins que de pouvoir être déclaré « juste ».

A la lecture de ces lignes, nous pouvons nous poser quelques questions...

 
LA LOI DE MOISE

Les Livres de la Torah, le Pentateuque, précise la pensée de Dieu concernant l’humanité. Lors de l’établissement du Tabernacle du désert, cette situation devant Dieu fut précisée. Tandis qu’un modeste édifice de toile, le Tabernacle, attestait de l’attention de Dieu sur le peuple choisi comme « son témoin » sur la terre – soulignant ainsi pour nous l’attention de Dieu sur l’humanité qu’Il a créée – la construction de ce sanctuaire était telle que l’accès au Saint des Saints était interdite à l’homme. A nouveau il était question de chérubins, comme à l’entrée du Jardin d’Eden

Et tu dresseras le tabernacle selon son ordonnance qui t’a été montrée sur la montagne. Et tu feras un voile de bleu, et de pourpre, et d’écarlate, et de fin coton retors ; on le fera d’ouvrage d’art, avec des chérubins ; et tu le mettras sur quatre piliers de bois de sittim, plaqués d’or, et leurs crochets seront d’or ; ils seront sur quatre bases d’argent. Et tu mettras le voile au-dessous des agrafes, et tu mettras là, au dedans du voile, l’arche du témoignage ; et le voile fera séparation pour vous entre le lieu saint et le lieu très saint. Et tu mettras le propitiatoire sur l’arche du témoignage, dans le lieu très saint.
Exode 26:30-34

En ce lieu, nul accès, le voile brodé de chérubins est là pour le signifier. Ce n’est qu’une fois l’an, en la fête du Grand Pardon, Yom Kippour, que le Grand Prêtre entre en ce lieu en suivant un rite détaillé dans la Bible, au Livre du Lévitique (chapitre 16).

Et ceci sera pour vous un statut perpétuel : au septième mois, le dixième jour du mois, vous affligerez vos âmes, et vous ne ferez aucune œuvre, tant l’Israélite de naissance que l’étranger qui séjourne au milieu de vous ; car, en ce jour-là, il sera fait propitiation pour vous, afin de vous purifier : et vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un sabbat de repos, et vous affligerez vos âmes ; c’est un statut perpétuel.
Lévitique 16:29-31

Ce rite est rappelé dans l’épître aux Hébreux

Or ces choses étant ainsi disposées, les prêtres entrent constamment dans le premier tabernacle, accomplissant le service; mais, dans le second (le lieu très saint), seul le grand prêtre, une fois l’an, non sans du sang qu’il offre pour lui-même et pour les fautes du peuple…
Hébreux 9:6-7

Et pourquoi donc l’épître aux Hébreux rappelle-t-elle ce rite à des chrétiens d’entre les Juifs ? Pour montrer l’accomplissement que cette forme rituelle annonçait, à savoir l’œuvre accomplie pour le pardon des fautes.

Mais Christ étant venu, grand prêtre des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle.
Hébreux 9:11-12

 
LE VOILE EST DECHIRE, L’ACCES A DIEU EST OUVERT

Plaçons-nous en pensée devant la croix du Calvaire. Le ciel s’obscurcit, en plein midi il fait nuit tout à l’entour, soulignant la solitude morale du Christ en ces trois heures

Or il était environ la sixième heure ; et il y eut des ténèbres sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure ; et le soleil fut obscurci, et le voile du temple se déchira par le milieu. Et Jésus, criant à haute voix, dit : Père ! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira.
Luc 23:44-46

Dès la fin des heures de ténèbres, celles de l’abandon de Jésus par Dieu lui-même, étant traité comme le péché devait l’être (Ésaïe 53:12, 1 Pierre 2:24), le voile qui fermait l’accès au “lieu très saint” est coupé, en son milieu, tel une porte verrouillée qui s’ouvre définitivement...
 
Christ, accomplissant ce qui est annoncé dans le rite décrit au Livre du Lévitique, est entré dans le ciel, comme homme, présentant son propre sang, la marque du don de sa propre vie, en sacrifice.

Car le Christ n’est pas entré dans des lieux saints faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu, — ni, non plus, afin de s’offrir lui-même plusieurs fois, ainsi que le souverain sacrificateur entre dans les lieux saints chaque année avec un sang autre que le sien (puisque dans ce cas il aurait fallu qu’il souffrît plusieurs fois depuis la fondation du monde) ; mais maintenant, en la consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice.
Hébreux 9:24-26

L’oeuvre de la rédemption est accomplie ! Le chemin autrefois fermé est ouvert, c’est pourquoi nous lisons encore dans cette même épître:

Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, et ayant un grand prêtre établi sur la maison de Dieu,  approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, ayant les cœurs par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’eau pure.
Hébreux 10:19-22

 
LE MESSAGE DE L'EVANGILE

Le message de l’Évangile n’est pas un avertissement annonçant la damnation faute de se convertir. Tel n’est pas le message des apôtres, des vrais disciples de Jésus... Heurter, menacer, promettre l'enfer... Trouverions-nous là une vraie raison pour se tourner vers Jésus ? Bien pauvre tout cela ! N'est-ce pas la pensée de l'homme de la parabole qui a reçu un seul talent et qui dit : "Maître, je te connaissais, que tu es un homme dur, moissonnant où tu n'as pas semé et recueillant où tu n'as pas répandu" (Matthieu 25:24). Le message du Christ est ainsi libellé :

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et moi je vous donnerai du repos"
Matthieu 11:28

Le message de Jésus répond à l'homme qui aspire à la paix et au bonheur, à celui qui sent ses limites et attend la bonté, à l'enfant qui s'éveille à la lumière et l'amour et reconnaît Dieu, le Dieu de miséricorde, le Dieu de bonté qui l'ouvre à un horizon de paix et de joie.

 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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18:44 Publié dans Lectures transversales | Eric

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