29/07/2010

Gen.18 Cacherais-je à Abraham ?


 

Genèse 18 - Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ?

 

Dans ce texte du Livre de la Genèse, c’est Dieu qui s’exprime, comme vis-à-vis de lui-même ! Et dans sa sagesse, celui qui a rédigé cette histoire a pénétré une grande réalité de la vie des hommes, une réalité si souvent méprisée ou niée, à savoir que Dieu regarde sur la terre, et considère la vie des hommes, et en tire des conséquences !

Et l'Éternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire, puisque Abraham doit certainement devenir une nation grande et forte, et qu'en lui seront bénies toutes les nations de la terre ? Car je le connais, et je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit, afin que l'Éternel fasse venir sur Abraham ce qu'il a dit à son égard. (Genèse 18:17-19)

Toute l’histoire d’Abraham nous fait considérer un homme juste, non un homme parfait ! Un homme qui n’est pas sans faiblesse, car s’il était parfait pourrait-il nous être un modèle ? Mais un homme droit ! Droit devant le Seigneur Dieu. Ainsi qu’il est exprimé au Livre des Psaumes :

Continue ta bonté à ceux qui te connaissent, et ta justice à ceux qui sont droits de cœur. (Psaume 36:10)


Les circonstances dans lesquelles cette parole fut prononcée

Abraham invite trois hommes qui passent près de sa tente… Du moins pense-t-il qu’il s’agit d’un groupe de voyageurs… Mais pour nous qui lisons, le ton est donné ! Le Seigneur Dieu est bien là…

Et l’Éternel lui apparut auprès des chênes de Mamré ; et il était assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour. Et il leva les yeux et regarda ; et voici, trois hommes se tenaient près de lui … (Genèse 18:1-2)

L’hospitalité, voici ce qu’anime l’homme de Dieu (Hébreux 13:2). Nous lisons alors l’empressement à servir ces voyageurs. A un moment, ceux-ci prennent la parole pour demander ou est Sara, la femme d’Abraham. Et l’un d’entre eux annonce que la promesse faite à Abraham, une descendance, la base d’une grande nation (Genèse 12:1-3), est près de s’accomplir (Genèse 18:1-2). Et c’est en ayant parlé de cette descendance, un enfant qui naîtra de Sara, que la parole "Cacherai-je à Abraham..." nous est dévoilée, une réflexion que le Seigneur Dieu se fait à lui-même ! Et pourquoi Dieu dit-il cela ?
 
Parce Dieu sait à qui Il a affaire ! Dieu voit la vie d’Abraham… "Je sais qu'il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie du Seigneur, pour pratiquer ce qui est juste et droit." Une attitude de vie que le prophète Michée résumera en une courte phrase :

Il t'a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu'est-ce que l'Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté, et que tu marches humblement avec ton Dieu ? (Michée 6:8)

Et vient alors l’évocation du jugement qui doit fondre sur Sodome et Gomorrhe ! Les "hommes" se rendent alors vers ces villes, mais l’un s’attarde auprès d’Abraham… En fait ce sont deux anges qui vont vers Sodome (Genèse 19:1), tandis que c’est devant le Seigneur Dieu qu’Abraham se trouve… Et il prend acte de l’annonce du jugement imminent de Sodome et Gomorrhe…

Et les hommes se détournèrent de là, et ils allaient vers Sodome ; et Abraham se tenait encore devant l'Éternel. Et Abraham s'approcha, et dit : Feras-tu périr le juste avec le méchant ? (Genèse 18:22-23)

Et la question se précise alors. Abraham poursuit :

Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville ; la détruiras-tu, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui seront en elle ? Loin de toi d'agir de cette manière, de faire mourir le juste avec le méchant, et qu'il en soit du juste comme du méchant ! Loin de toi ! Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ? (Genèse 18:24-25)

Que pouvons-nous dire en lisant cette question ? Et même plus qu’une question, lorsque nous lisons "Loin de toi ! Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste ?". Abraham connaît le Seigneur Dieu, l’Unique. Il sait que Dieu est juste ! Alors, comment comprendre le jugement qui pourrait atteindre quelques justes en même temps que les méchants ? C’est là une perspective qu’il ne pourrait comprendre, tant sa confiance en la justice de Dieu est forte ! A méditer !
 
Le caractère inéluctable du jugement est reconnu d’Abraham ! Mais le juste ? Tout d’abord nous pouvons lire que cette ville corrompue pourrait même, aux yeux d’Abraham, être habitée de quelques dizaines de justes… Abraham n’est pas "hors de Sodome" pour déclarer tous ses habitants méchants, et lui "seul juste" ! Ce n’est pas son état d’esprit, ou plutôt, ce n’est pas l’état d’esprit du sage qui nous donne le récit. Ensuite, Abraham sait Dieu tellement "juste" qu’il ne peut imaginer que des justes puissent partager le sort des méchants…
 
Suit alors ce qui est tout autre chose qu’un marchandage (des commentateurs parlent ici de marchandage, attestant ainsi leur ignorance, et profanant le texte que nous lisons !). Tout est ici centré sur cette foi fondamentale d’Abraham : "Le Juge de toute le terre fera ce qui est juste !"
 
Ainsi vient cette cascade de questions : Et si il y a quarante-cinq justes ? Ou bien quarante ? Et si il s’en trouve trente ? Ou encore vingt ? Et peut-être s'y en trouvera-t-il dix ?

[L’Éternel] dit : Je ne la détruirai pas, à cause des dix. Et l'Éternel s'en alla quand il eut achevé de parler à Abraham ; et Abraham s'en retourna en son lieu. (Genèse 18:32-33)

Nous savons ce qui s’est passé par la suite. La réception désastreuse des deux anges à Sodome, et leur accueil dans la maison de Lot, le neveu d’Abraham qui avait choisi d’habiter dans cette ville, au milieu de plaines fertiles (Genèse 13.10-11). Certes, Lot n’a pas eu un comportement d’une grande élévation morale, mais néanmoins c’était un homme qui "craignait Dieu" ! Et lui, le seul juste de la ville, fut mis à l’abri avec ses deux filles non mariées. Pierre, l’apôtre, écrira : "Il a délivré le juste Lot, accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers" (2 Pierre 2:7),
 
Quel enseignement pouvons-nous tirer de ce récit ?

En Abraham, nous voyons :
 
•  sa connaissance de Dieu (Genèse 18:25), le Dieu juste

Marcher d'une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards, portant du fruit en toute bonne œuvre, et croissant par la connaissance de Dieu  (Colossiens 1:10)
•  sa vie pratique marquée par l’hospitalité,

Ayant une conduite honnête parmi les nations, afin que, quant aux choses dans lesquelles ils médisent de vous comme de gens qui font le mal, ils glorifient Dieu au jour de la visitation, à cause de vos bonnes œuvres qu'ils observent. (1 Pierre 2:12)
•  la conscience de la promesse qui lui est faite (Genèse 12:2),
   et le modèle de la foi en Dieu dans l’homme…

Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu ; c'est pourquoi le monde ne nous connaît pas, parce qu'il ne l'a pas connu. Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est. (1 Jean 3:1-2)

Et sur le plan de la relation à Dieu :
 
•  L’Éternel fait connaître sa pensée à Abraham.

Nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce : laquelle il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence, nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir… (Éphésiens 1:7-9)
•  Abraham a au cœur de transmettre la connaissance de Dieu à sa descendance (Genèse 18:19).

A chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. […] et lui, a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs ; en vue du perfectionnement des saints, pour l'œuvre du service, pour l'édification du corps de Christ ; jusqu'à ce que nous parvenions tous à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ. (Éphésiens 4:7,11-13)


Et que dire, en conclusion ?

Nous lisons ici que chacun est concerné personnellement, et que ces "dons" (Psaume 68:18) sont destinés les uns à l’édification des chrétiens, les autres à l’annonce de la parole dans le monde.
 
Et nous pouvons méditer cette parole de l'Évangile :

Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n'allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe ; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5:13-16)

 


 

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Cette lecture est extraite du site : "Que dit l"Evangile ?" Des pages de la Loi, des Psaumes et des Prophètes. Des lectures de l'ensemble du Nouveau Testament.
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16:00 Publié dans Livre de la Genèse | Eric

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